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LE SYNDROME DE LA CHARNIÈRE DORSOLOMBAIRE : LE FAUX LUMBAGO DU SPORTIF

Dernière mise à jour : 9 févr. 2023


Par le Docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport et rédacteur en chef de www.docdusport.com



Très souvent, chez le sportif, une douleur dans le bas du dos correspond à une souffrance vertébrale située plus haut. Son traitement est spécifique ! Il est possible que ça vous concerne !


Gilles termine son entraînement de golf au practice, il a enchaîné les swings. Quelques heures plus tard, il ressent une douleur lombaire basse, plutôt à gauche et un peu dans la fesse. Il est sûrement victime d’un «syndrome de la charnière dorsolombaire », le faux lumbago du sportif.


C’est une irradiation nerveuse !


La colonne vertébrale comporte 3 niveaux : le cou, le dos et les lombaires. Entre chacune de ces zones, elle change d’incurvation. De fait, il s’agit de secteurs où s’exercent de fortes contraintes mécaniques. De profil, vous le constatez, la colonne lombaire est creuse, on parle de lordose. Le dos, au sens anatomique du terme, en regard des côtes, est légèrement vouté, on parle de cyphose.


LA COLONNE EST SENSIBLE AUX ENDROITS OU ELLE CHANGE D’INCURVATION


La modification de courbure se localise surtout entre la dernière vertèbre dorsale appelée D12 et la première lombaire nommée L1. A ce niveau, sort un nerf qui descend à la verticale, innerve les muscles longeant la colonne, franchit l’os du bassin dans un petit tunnel fibreux puis donne la sensibilité de la peau des fesses. Vous comprenez que son irritation provoque une contracture musculaire basse, une douleur du bassin très près de la colonne et une irradiation dans les fesses. Voilà ce qu’on appelle le « syndrome de la charnière dorsolombaire». Tous ces symptômes ressemblent étrangement au lumbago banal provoqué par une souffrance des derniers disques intervertébraux.


Quand faut-il penser au « syndrome de la charnière dorsolombaire » ?


Les courbures de la colonne de profil dont nous avons parlé lui permettent de se comporter comme un ressort. Elle se comprime lors des impacts. Si vous en abusez, les zones de transition souffrent, tout particulièrement la charnière dorsolombaire. Il existe un second mécanisme agressif pour cette zone de transition. Il concerne les rotations de la colonne vertébrale. En effet, votre colonne lombaire ne tourne pas. En arrière de vos vertèbres les plus basses, on trouve de petites articulations en ailette qui imposent un mouvement de flexion ou d’extension.


UN EXCÈS DE ROTATION SURMÈNE LA CHARNIÈRE DORSOLOMBAIRE


Il s’agit d’un souvenir de notre passé de quadrupède galopeur. La colonne dorsale ne pivote pas non plus car elle est bloquée par les côtes et la cage thoracique. De fait les rotations sont assumées par les quelques étages vertébraux de la charnière dorsolombaire. Lorsque vous tournez en excès ce secteur anatomique, il s’irrite. Gilles s’est fait mal en multipliant les swings. Classiquement, il aurait pu souffrir après une séance de tennis comprenant beaucoup de coup droit et revers.


Une thérapeutique souvent différente


Le traitement prescrit dans les lumbagos habituels se montre souvent efficace. Anti-inflammatoires, antidouleurs et décontracturants contribuent à faire restaurer un fonctionnement normal de la colonne, véritable cercle vertueux de cicatrisation. Cependant, au niveau de la charnière dorsolombaire, la lésion se situe rarement au sein du disque intervertébral. Les hernies discales y sont exceptionnelles. Il s’agit plus volontiers d’irritation ou de micro coincements des petites articulations postérieures en ailettes.


LES MANIPULATIONS SOULAGENT SOUVENT LA CHARNIÈRE DORSOLOMBAIRE


De fait, les manipulations vertébrales sont fréquemment efficaces. Elles s’effectuent classiquement en rotation ou en traction verticale afin de libérer la mobilité entravée. Cette piste thérapeutique permet souvent d’abréger les délais de reprise sportive. Si ces manœuvres se révèlent efficaces, il suffit souvent de 2 à 3 jours de calme avant de reprendre progressivement votre sport.


Prévention : freinage et contrôle des rotations


Si les manipulations sont efficaces, elles ne protègent pas de la récidive à l’occasion d’une rotation rapide ou excessive ! Pour stabiliser le bon résultat, il est indispensable que vos muscles reprennent le contrôle de votre charnière dorso-lombaire. Le gainage constitue un grand classique pour renforcer les muscles soutenant la colonne et contribuant à l’amortissement des impacts. Au cours de ces exercices, posez vos avant-bras sur un gros ballon de gym et faites-le tourner de droite à gauche en soufflant. Travaillez aussi vos muscles abdominaux obliques en réalisant des crunchs en rotation et freinez le retour de votre buste. Attention, faites ce geste en position couchée. Ces muscles ne travaillent pas quand votre buste se contente de pivoter à l’horizontale comme dans les exercices bâton derrière la nuque. De surcroît, n’abusez pas de l’amplitude. Si vous allez trop loin, vous reproduisez l’agression articulaire ! Les violentes rotations lancées typiques de certains échauffements au golf constituent un bon exemple de geste traumatisant.


ATTENTION AUX ECHAUFFEMENTS ET AUX ASSOUPLISSEMENTS EN ROTATION


Le cardiotraining sur elliptique renforce les obliques qui contrôlent la charnière dorsolombaire. Commencez mains basses sur les rames ; montez-les progressivement pour accroître les sollicitations en rotation. N’hésitez pas intégrer régulièrement cet appareil à votre programme. La musculation fonctionnelle en position debout permet de réaliser les meilleurs exercices préparatoires et préventifs. Les colonnes équipées de poulies à hauteurs réglables permettent de varier les exercices et de vous rapprocher au mieux de votre geste spécifique. Avec une ou deux mains faites des rotations de buste campé sur membres inférieurs. Freinez le retour de la charge comme pour contrôler la fin de votre mouvement technique. A la maison, ce type de travail est réalisable avec des élastiques.

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