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COEUR ET SPORT : LE PIRE ET LE MEILLEUR

Dernière mise à jour : 5 oct. 2023

il y a 2 ans, Gérard a rejoint la Défense, le quartier des affaires parisien. Ce centre stratégique dresse ses tours à l'Ouest de la capitale comme un premier rempart européen à l'agressivité de l'économie américaine.




A 44 ans, il est heureux d'avoir changé d'entreprise pour entrer au siège d'une société concurrente. Enfin, il assume des responsabilités nationales. Mais, aujourd'hui, dans son grand aquarium, il va et vient entre ses deux plantes vertes. Parfois, il se plaque contre la vitre pour tenter de s'échapper vers le monde extérieur. Sa large baie vitrée perlée de pluie surplombe le parvis. A cette heure, les troupes en uniforme gris rejoignent les souterrains pour quitter la citadelle par les transports en communs ou les parkings. Lui est prisonnier ; le nouveau directeur général doit passer le voir. Pas de chance! Ce soir, il a promis à Philippe, son ami depuis HEC, de faire un squash. Gérard adore ce jeu physique, technique et tactique : un vrai défouloir pour cadre stressé. Voilà si longtemps qu'il n'a pas joué, il se faisait un plaisir de profiter de cette soirée ! Le rendez-vous est fixé … à 21heures. Ce n'est pas un horaire de père de famille et pourtant il risque fort de ne pas arriver à temps.


Soudain, la porte s'ouvre :


"Gérard, désolé pour le retard. J'ai dû assister à une réunion interminable et mal préparée par les financiers. Vous savez comment ça se passe : on s'étale, on digresse, les empêcheurs de tourner en rond posent des questions sans intérêt … et aucune décision concrète ne peut être prise ! J'ai donné mes directives, ça ne se reproduira plus ! "


"Ce n'est pas grave, j'en ai profité pour réfléchir sur quelques dossiers délicats …"


" Gérard, vous imaginez bien qu'il faille faire le point sur les médiocres résultats dans votre secteur … "


L'entrevue se prolonge, l'heure tourne. Gérard tente d'expliquer qu'il a trouvé une équipe démotivée par son prédécesseur. Et puis, il a bien fallu faire connaissance. Il ajoute que la concurrence d'outre atlantique est rude. En pleine guerre commerciale mondialisée, les quelques buildings de la Défense ne sont qu'une pâle riposte à la forteresse de Manhattan. Cependant, il est bien difficile de justifier des problèmes de conjoncture avec un produit dans le vent, en pleine période de croissance. Cette fois, les conclusions de cette rencontre intimiste sont plutôt pragmatiques : "Gérard, il faut des avancées rapides car de telles responsabilités ne peuvent être confiées qu'à des individus performants !"



La soirée s'annonce tendue … Heureusement, pour retrouver un minimum de sérénité la balle de squash devrait lui rappeler le visage hypocrite du directeur général. Gérard à son tour s'engouffre dans les profondes galeries de la Défense. Enfin, dans la pénombre, se reposant paisiblement dans sa stalle bétonnée, son destrier caparaçonné d'acier l'attend.


Il ne tarde pas à s'enliser dans la circulation. Comme à l'habitude, la pluie battante semble transformer le périphérique en sentier marécageux où s'embourbent les véhicules des parisiens. Les essuie-glaces font tournoyer les oriflammes rouges et blanches bordant les voitures qui l'encerclent. Il est 21 heures et … et la vision de Gérard paraît brouillée par le stress : il a horreur d'être en retard.


Le portable retentit et sort brutalement Gérard de sa torpeur anachronique. Bien sûr c'est Philippe qui lui rappelle son manque de ponctualité.


Dès son arrivée, son ami lui dit : "J'ai réservé jusqu'à 21 heures 45 …On attaque ? , le perdant offre le resto "


Stress, fatigue, absence d'échauffement, ambiance compétition ! Voilà de quoi booster un système cardiovasculaire endormi par quelques semaines de sédentarité.


En quelques minutes, la petite tête noire et caoutchouteuse du directeur général virevolte. Elle s'écrase violemment sur le parquet. Gérard la cueille dès le rebond et la frappe violemment. Giflée par le tamis, elle fuse à toute vitesse et percute de plein fouet le mur en béton.


"Quelle forme ! " laisse échapper Philippe après avoir perdu ce point décisif.

Derrière lui, appuyé sur le mur, Gérard ne confirme pas : "Non, non, je ne me sens pas bien, j'ai dû me claquer un muscle dans la poitrine, j'ai vraiment très mal, comme si … "


… Gérard s'effondre bruyamment. Philippe se précipite : " Eh ! Eh ! Gérard, ça va ? Ça va ? "


Pas de réponse ! Panique ! Philippe jaillit hors du court en hurlant. "Il y a un médecin ! " Ses cris couvrent soudain le bruit de fond qui résonne dans ce sous-sol. Les gémissements aux engagements se taisent, les halètements lors des échanges s'apaisent, les balles viennent rouler et s'assoupir sur les parquets. Les joueurs des courts voisins se précipitent et se transforment en badauds impuissants. Après quelques secondes de stupeur, l'un d'eux semble réagir : "Il faut appeler le SAMU". Philippe plonge dans son sac, éjecte sa serviette éponge et cherche son portable. "Zut, dans ce blockhaus ça ne passe pas ! " Il bondit comme un sprinteur et se catapulte dans l'escalier menant au bar et à l'accueil ! Il compose le 15 … Le moniteur comprend instantanément et dévale l'escalier. Il va tenter d'utiliser quelques vieux souvenirs de secourisme.


"Monsieur, monsieur ! " lance-t-il à son chevet. Pas de réponse, pas de respiration, pas de pouls : arrêt cardiaque ! Le prof essaye d'alterner fébrilement, bouche à bouche et massage cardiaque … mais depuis la perte de connaissance, de précieuses secondes se sont écoulées !


Sept minutes interminables plus tard, les "premiers secours" des pompiers arrivent en force. Ils prennent le relais. Ils invitent les sportifs ébahis à retourner dans les vestiaires. Seul Philippe reste à proximité pour répondre à quelques questions cruciales au sujet son ami :


- "Il prend des médicaments ?"

- "Non !"


- "Il souffre d'une maladie ?"

- "Non … je ne crois pas !"


- "Quel âge a-t-il ?"

- "44ans"


- "il fume"

- "Eh oui … pas mal !"


Tout est dit ou presque … L'écran du scope électronique n'affiche aucun battement, la petite ligne lumineuse se contente de vibrer. C'est une "fibrillation ventriculaire", le cœur fait une crampe. Rapidement, l'équipe du SAMU est aussi sur les lieux. Ils travaillent ardemment, calmement, mais avec acharnement. Quarante minutes plus tard, le réanimateur se relève et rejoint Philippe resté seul avec son angoisse dans le couloir.


"Nous avons tout fait, il n'est pas reparti"


Philippe, les yeux humides, regarde fixement le médecin, il est terrassé : "Mais … mais je ne comprends pas ! "


"Malheureusement, Il s'agit d'une mort subite du sportif tout à fait typique ! "



Le sport peut être dangereux pour le cœur !


La mort subite du sportif est le décès brutal d'un individu au cours d'une activité physique ou peu de temps après celle-ci alors qu'il ne souffrait d'aucune maladie ni ne se plaignait d'aucun symptôme.


En fait, en interrogeant les familles des disparus … ou en questionnant les quelques individus réanimés, les critères semblent moins clairs. En effet, les études mettent en évidence que la moitié des victimes ressentait des signes de souffrance cardiaque. Un tiers percevait des douleurs dans la poitrine, typiquement provoquées par une mauvaise oxygénation du cœur. Ainsi, le docteur Cousteau, cardiologue du sport, résume ce constat : " Les sportifs victimes de mort subite sont des cardiaques qui s'ignorent ". Les maladies du cœur responsables de ces accidents dramatiques n'altèrent pas la performance. De plus, certains physiologistes pensent que les endorphines, les hormones du bien-être sécrétées pendant l'effort, contribueraient à masquer les douleurs.


Le temps consacré au sport est une période particulièrement propice à la mort subite. Statistiquement, le risque est multiplié par 7 au cours de votre activité physique. Si vous vous entraînez régulièrement, la probabilité de décès brutal n'est que 5 fois plus élevée. En revanche, si vous n'êtes qu'un sportif occasionnel, le danger est 56 fois plus important !


Le stress physiologique de l'exercice … ou le stress psychologique induisent la sécrétion d'hormones stimulant le cœur. La célèbre adrénaline se déverse dans le sang et excite le tissu cardiaque chargé de conduire l'influx nerveux. Si le cœur est quelque peu souffrant, ses battements ne tardent pas à s'emballer puis à devenir irréguliers. Enfin, une crampe peut survenir : c'est la mort subite. Le cerveau et les hormones décompensent une situation précaire. Les cardiologues disent que "Les nerfs ne provoquent pas la mort subite mais déterminent le moment de la catastrophe". De façon plus imagée : "le cœur est la cible, le système nerveux est la gâchette". Bien sûr, plus le cœur est malade, plus faible sera la quantité de stress nécessaire. A l'inverse, 4% des autopsies ne montrent aucune lésion. Dans ces conditions la puissante décharge nerveuse pourrait être la cause et le facteur déclenchants du décès.


L'activité physique limite considérablement les possibilités de réanimation. Le corps baigne dans les hormones du stress mais aussi dans les "toxines" . De l'acide et du potassium sont libérés par les muscles fatigués. Ces substances favorisent les crampes et perturbent la reprise de battements cardiaques normaux. Le docteur Northcote a réalisé une étude sur 46 morts subites survenues chez des joggers. Aucune n'a pu être récupérée. Globalement, les chances de survie sont minces. Seuls 14% des individus décédés brutalement, pris en charge par le SAMU, sont "ressuscités" et rejoignent l'hôpital. Enfin, 2,5% d'entre eux retrouvent leur domicile.


La mort subite du sportif est-elle fréquente ?


La vieille dame de Paris n’a jamais vu autant de monde à son chevet. Face à la tour Eiffel, les 20.000 partants des 20 km de Paris se massent sur le Pont du Trocadéro. Ce sont tous des sportifs en pleine forme. Par plaisir et pour leur bien-être, ils pratiquent régulièrement la course à pied : le sport santé par excellence !


Notre dame de fer est indestructible. Les hommes sont plus fragiles. Dans un an, elle sera encore présente pour contempler tous ses soupirants. Mais, elle le sait, au départ de la prochaine édition, deux coureurs seront absents. Au cours de l’année à venir, ils seront morts subitement, en pratiquant leur sport préféré ...le jogging !


Les morts subites du sportif ne sont pas des ' "histoires de chasse" racontées par des médecins malveillants faisant l'apologie de la sédentarité.


En France, chaque année, le sport est responsable du décès de plus de 1.000 à 1.500 personnes, soit 1 coureur de fond sur 10.000. Certains auteurs parlent même de 1.500 à 10.000 morts subites de sportifs par an. Bien sûr, il ne s'agit pas d'accidents violents et aucun traumatisme ne s'est produit. Dans la grande majorité des cas la défaillance est d'origine cardiaque. Le plus souvent, c'est un infarctus d'effort.


Quels sont les mécanismes de la "mort subite du sportif" ?


Dans 85% des cas, la "maladie coronarienne" est responsable de la mort subite du sportif. Les coronaires sont les artères du cœur. Elles lui apportent le sang chargé de l'oxygène dont il a besoin pour travailler. Comme leur nom l'indique, elle entourent le cœur comme une couronne. Parfois leurs parois s'épaississent en se chargeant de graisse. Il se constitue ce que l'on appelle des plaques d'athérome : c'est la maladie coronarienne.


Au cours de l'exercice, le flux sanguin augmente dans les vaisseaux menant aux muscles, notamment au cœur. Le sang frotte sur les parois des artères. Au niveau des rétrécissements constitués par les plaques d'athérome, les turbulences augmentent. Comme lorsque le ruisseau en crue bouillonne sur les rochers bordant le rivage, la pierre finit par se décrocher soudain, la paroi artérielle se déchire. Comme pour toute plaie, l'organisme tente d'obtenir la cicatrisation en déclenchant la coagulation sanguine. Mais le processus n'est pas adapté, le caillot formé ne tarde pas à obstruer complètement l'artère. Le muscle cardiaque en pleine action ne reçoit plus d’oxygène, il ne peut plus travailler.


Vous connaissez ce phénomène, si vous continuez à stimuler un muscle épuisé : c'est la crampe ! En plein footing, si vous ressentez cette violente douleur au niveau du mollet, vous vous arrêtez pour l'étirer ; le muscle se relâche et vous repartez prudemment. Si votre cœur est victime d'une crampe, c'est la mort subite.


En effet, en l'absence d'oxygène, certaines fibres musculaires cardiaques en souffrance ne parviennent plus à se contracter. Le courant électrique propageant l'ordre de la contraction rebondit et tournoie sur cette zone inerte. L'onde diffuse en tout sens et provoque l'excitation anarchique de la totalité du cœur. Le cœur est totalement désynchronisé , aucune contraction simultanée n'est possible. Le sang ne peut plus être propulsé hors des ventricules. Les parois du cœur se mettent à vibrer, incapables de pousser le sang dans les artères ! Le cerveau ne reçoit plus d'oxygène et c'est la perte de connaissance. Trois minutes plus tard, en l'absence de réanimation, le sportif décède …


Le phénomène n'est pas forcément corrélé à la taille de l'infarctus. L'artère coronaire droite apporte le sang à petite proportion de la masse cardiaque. Cependant, si elle se bouche, le muscle touché correspond au tissu spécialisé propageant l'influx nerveux dans le cœur. Le trouble du rythme cardiaque est souvent immédiat. C’est pourquoi l'artère coronaire droite est surnommée « l'artère de la mort subite".


Comme vous l'imaginez, les épaississements graisseux se déchirant à la faveur de quelques turbulences sanguines sont plutôt fragiles. Ces plaques d'athérome sont encore souples alors qu'avec le temps elles se rigidifient. Lorsque l'individu vieillit, elles accumulent le calcium, on dit qu'elles se calcifient.. Ainsi, vous comprenez pourquoi la mort subite du sportif touche des individus relativement jeunes, porteurs de plaques fines et molles. Une étude montre que l'âge moyen de la mort subite du sportif est de 47 ans, alors que, dans d'autres circonstances, elle survient plutôt autour de 60 ans.


La consistance moelleuse de ces amas graisseux, ainsi que leur faible épaisseur, justifient aussi l'absence de symptôme pendant l'effort. Habituellement, elles s'écrasent à la faveur du flux sanguin sous pression et le cœur reçoit suffisamment d'oxygène. Les autopsies montrent qu'il n'existe aucune corrélation entre la taille de la plaque et le volume du caillot obstruant l'artère coronaire.


Vous le savez, l'adrénaline favorise les battements irréguliers en excitant le muscle cardiaque en souffrance. Mais son action toxique ne s'arrête pas là. Elle favorise aussi la formation des caillots. Grâce à elle, les petites cellules sanguines, les plaquettes, destinées à obstruer les plaies, se collent plus facilement les unes sur les autres et sur les parois déchiquetées du vaisseau. On dit que l'adrénaline facilite « l'agrégation plaquettaire". En cas de déchirure de la plaque d'athérome, les plaquettes vont s'agglutiner au contact de la lésion. La constitution du caillot commence, l'obstruction de l'artère est proche ! Pourtant, la nature n'a pas conçu l'adrénaline exclusivement pour nous nuire ! Elle se révèle indispensable pendant l'exercice. L'évolution a même sélectionné les individus dont la sécrétion se montrait suffisante. L'adrénaline permet de stimuler le cœur, elle libère le sucre et les graisses brûlés par le muscle pendant l'effort. L'homme de Néanderthal peut fuir ou combattre le prédateur. Si, dans sa lutte, l'ours lui assène un coup de griffe ou si, dans sa fuite, il traverse un roncier, l'adrénaline facilite l'agrégation plaquettaire et réduit l'hémorragie. Il survivra et sa descendance jouera au squash …


Fréquemment, le décès survient quelques minutes après l'arrêt de l'activité. La récupération est une période à risque ! Trois circonstances se montrent particulièrement dangereuses : l'arrêt brutal de l'exercice, la douche et … la cigarette dans les vestiaires !


Lorsqu'un sportif cesse brusquement son effort, son système nerveux réflexe demande à son cœur de ralentir. Le réseau de conduction normal s'apaise. En revanche, dans le sang circulent encore les hormones de l'excitation musculaire. L'onde électrique continue à se déplacer et peut rebondir sur de petites zones cardiaques mal oxygénées ou cicatricielles. Dans ces conditions, le système nerveux mis au repos ne parvient plus à s'imposer. Le courant diffuse en tous sens et enclenche des battements irréguliers dégénérant parfois en malaise ou en mort subite.


Heureusement, le plus souvent, les sensations de "tête qui tourne" à l'arrêt de l'effort sont anodines. On dit que l'origine est "vagale". Le "nerf vague" a pour mission de freiner les battements cardiaques. Il s'active intensément lorsque le sportif stoppe brutalement son activité. Parallèlement, les muscles des jambes qui viennent de travailler n'ont pas totalement récupéré. Les vaisseaux y amenant le sang restent largement ouverts. Alors que le débit cardiaque diminue, le peu de sang propulsé s'engouffre dans les membres inférieurs. Le cerveau ne reçoit plus suffisamment d'oxygène … et la tête tourne. La nature est bien faite car lorsque les choses s'aggravent, l'individu perd connaissance et tombe. Du coup, la tête se situe en position basse et le cerveau retrouve une vascularisation suffisante. En pratique, il faut toujours cesser progressivement son effort. Désormais, à l'arrivée des grandes courses populaires, les participants doivent marcher dans de longs couloirs limités par des barrières. Autrefois, a l'issue du sprint final, certains s'arrêtaient net avant de disparaître au pied du bénévole venu leur remettre une médaille et un tee-shirt … Enfin, si un malaise survient à l'arrêt de l'effort, un avis médical s'impose afin de confirmer son origine bénigne !


Attention aussi à la douche ! L'eau chaude ruisselant sur le corps de l'athlète augmente la température de la peau. Cette dernière se gorge de sang et devient rouge car les vaisseaux qui la traversent s'ouvrent largement. De ce fait, l'apport sanguin au cœur se réduit, parfois certaines zones, mal vascularisées par des artères légèrement bouchées, peuvent manquer d'oxygène. Alors, parfois, la crampe fatale se produit ! En pratique, il est nécessaire d'avoir quelque peu récupéré avant de prendre sa douche ! Le rythme respiratoire doit se situer au voisinage de la normale et il ne faut plus transpirer. Enfin, l'eau très chaude est vivement déconseillée, une douche tiède est nettement préférable.


Le tabac se montre particulièrement dangereux après l'effort. La nicotine est responsable de "spasme artériel". Cette substance favorise la contraction des petits muscles qui entourent les artères du cœur. Ces anneaux musculaires sont déjà trop toniques à l'arrêt de l'effort. En effet, l'essoufflement contribue aussi à provoquer des contractions musculaires inappropriées, comme l'hyperventilation facilite les crises de spasmophilie. A l'issue de l'exercice, le sportif encore haletant inspire à grandes bouffées la fumée de sa cigarette et, parfois, ferme soudainement ses coronaires. Manque d'oxygène, crampe cardiaque ou infarctus enclenchent le processus dramatique ! Il ne faut jamais fumer dans les minutes qui suivent un effort. Il est impératif d'avoir totalement récupéré une fréquence respiratoire rigoureusement normale. Compte tenu du risque à associer activité physique et tabac, il est vivement conseillé aux sportifs d'arrêter complètement les cigarettes .


Quelles sont les causes de la "mort subite du sportif "?


Aux Etats-Unis, James est célèbre. Son livre, "jogging", est un best-seller. Dans les années 70, il a lancé la mode du footing. Tous les Américains sont convaincus, ils descendent dans les rues pour courir. Riche de son expérience personnelle, il "démontre" l'intérêt pour la santé d'une pratique sportive régulière. Pesant près de 120 kilos, il en perd 40. Il arrête de fumer, il se sent enfin bien dans sa peau ! Quelques années plus tard, il est terrassé par une mort subite au cours de son jogging !


Plus près de nous, dans le midi de la France, Michel est en vacance. Quand il travaille, il chante et compose pour lui et sa ravissante épouse. Il est l'auteur d'un célèbre opéra-rock. C'est un homme actif. A 42 ans, il a su rester mince, dynamique et sportif. En ce week-end d'été, il fait chaud et il reçoit ses amis autour de la piscine. L'ambiance est conviviale et le repas se termine par un café et une cigarette. Pour le début d'après-midi, il a programmé une partie de tennis … elle lui sera fatale !


Notre tennisman vous paraît victime du mauvais sort ! Pas tout à fait. Comme pour James, notre coureur de fond américain, comme pour Gérard, notre joueur de squash, nombreux sont les éléments qui pouvaient nous faire redouter cette issue dramatique.


Tous sont porteurs de facteurs de risque de la maladie coronarienne. Tous regroupent des critères laissant supposer que les artères de leur cœur sont partiellement obstruées. Et, souvenez-vous, la présence de plaques de graisse dans les coronaires est responsable de 85% des morts subites du sportif. Dans 25% des cas, la maladie coronarienne débute par un décès brutal. Mais, le plus souvent, son évolution médicale est longue et progressive. Ainsi, les médecins, toujours aussi évasifs, vous informent que, selon l'aphorisme d'usage, la "maladie coronarienne dure de 30 secondes à 30 ans !".


Trois facteurs de risque essentiels sont trop souvent oubliés. Même certains médecins les négligent ou ne leur accordent pas une valeur suffisante. En effet, la science n'a sur eux aucun pouvoir … ils sont incurables ou plus exactement inévitables ! Il s'agit :


- de l'âge, supérieur à 35, 40 ans

- du sexe masculin

- des antécédents familiaux d'infarctus


La formation de plaques de graisse dans les artères du cœur est également favorisée dans certaines conditions. Trois d'entre elles sont classiques :


- l'excès de cholestérol,

- le tabac et

- l'hypertension artérielle.


Bien connus des médecins, ils sont amplement pris en considération car ils peuvent être prévenus, pris en charge ou soignés.



D'autres facteurs interviennent mais ils sont considérés comme mineurs. Ce sont :


- le diabète,

- l'obésité,

- le stress,

- l'excès de triglycérides et

- la sédentarité …



Tous ces éléments méritent quelques explications. Vous comprendrez alors comment réaliser une prévention plus efficace. L’obstruction partielle et insidieuse des artères du cœur a précédé le drame. Comment l’organisme soumis aux différents facteurs de risque a-t-il créé ces lésions?


La génétique, l’information apportée par les chromosomes de vos parents est essentielle. Certains cardiologues lui attribuent près de 50 % du risque global. Nombre d'individus forment plus aisément des plaques d’athérome dans leurs artères. Ainsi, 39% des patients atteints de maladie coronarienne sévère sont porteurs d'une anomalie génétique connue. Une protéine, codée par le chromosome numéro 9, est absente ou déficiente. Cette structure appelée ABC1 a normalement pour mission de sortir le cholestérol de la cellule. Elle se révèle particulièrement utile au sein de la membrane des vaisseaux. Lorsqu'elle se montre insuffisamment efficace, la graisse s'accumule et la paroi vasculaire s'épaissit. Ainsi, les plaques d'athérome se constituent plus rapidement. Si vos parents ont été victimes de maladie coronarienne ou d'infarctus, la prudence s'impose. Pour pratiquer votre activité physique avec plus de sérénité, vous devez optimiser votre hygiène de vie et bénéficier d'une surveillance médicale régulière.


L'âge, ou plus simplement le temps qui passe, constituent un facteur de risque. Pendant toutes ces années, l’organisme subit ces facteurs de risque et les lésions se constituent. On considère qu’elles deviennent significatives, c’est à dire aptes à avoir des conséquences sur le bon fonctionnement du cœurs lorsque vous êtes âgé... de 40 ans messieurs, de 55 ans mesdames. Décidément la médecine du sport manque de délicatesse et confond maturité et sénescence.


Le sexe masculin est un facteur de risque incontestable. En effet, les femmes paraissent protégées par leurs hormones. Ces dames doivent attendre 55 ans pour retrouver le risque d’un homme de 40 ans. Remarquez comme cet âge suit de peu l’arrêt des sécrétions hormonales protectrices. Chez les Françaises, la ménopause survient en moyenne à 51 ans. A partir de cet événement, et en l'absence de traitement hormonal de substitution, les lésions artérielles s'installent rapidement. Ainsi, à 70 ans, la probabilité d'infarctus chez la femme rejoint celle de l'homme … pour la dépasser ensuite ! Plus jeune, la protection hormonale féminine est anéantie par l’association tabac plus pilule. Dans ces conditions, le risque féminin rejoint celui de l’homme.


L’excès de cholestérol favorise l’obstruction partielle des artères du cœur. Il a été démontré qu'un taux de cholestérol supérieur à 3,3 grammes par litre de sang multipliait par 4 le risque d'infarctus. Normalement, la concentration de cholestérol doit être inférieure à 2 grammes par litre. Ce taux a été revu à la baisse. Autrefois, 2,5 grammes étaient tolérés. Une grande étude, réalisée sur de longues années dans une petite ville des états unis , à Framingam, à permis d’y voir plus clair. Auparavant, il existait une confusion entre normalité sociologique et normalité physiologique. A un instant « t », la majorité des individus en bonne santé présentait un taux de cholestérol inférieur à 2,5 grammes. Cependant, les années passant, seuls ceux dont le taux se situait en dessous de 2 grammes voyaient leur risque de maladie cardiovasculaire significativement diminué. Sur le plan biologique, à partir de 2 grammes de cholestérol par litre de sang, la formation insidieuse de plaque d’athérome est favorisée.


Vous avez entendu parler du bon et du mauvais cholestérol. Cet équilibre tient une place croissante dans l’évaluation du risque coronarien, il permet de moduler l'interprétation de la concentration globale. En effet, le cholestérol est une graisse, il ne peut se mélanger à l’eau. Dans le sang, milieu essentiellement aqueux, il est véhiculé par des transporteurs. Ces derniers sont de grosses protéines. Tout se passe comme si certaines d’entre elles avaient pour mission de déposer le cholestérol sur la paroi des artères et que les autres devaient le ramener au foie. Les premières sont les LDL. Elles sont trop riches en graisse, parfois même leur structure est altérée. Elles sont alors absorbées par les globules blancs. Nos cellules nettoyantes se sacrifient pour leur mission. Rassasiées et obèses, elles ne tardent pas à s’échouer sur la paroi des artères. A l’inverse, sur les HDL, pauvres en graisses, il y a encore de la place ! Ainsi, le cholestérol accumulé dans les plaques d'athérome ou dans les cellules bordant la paroi du vaisseau peut-être capté par les HDL. Bien installé sur cette molécule spacieuse, il est ramené au foie pour être éliminé. Souvenez-vous, la fameuse protéine ABC1, souvent déficiente génétiquement, est la pompe à cholestérol permettant de présenter le cholestérol au transporteur sanguin. En son absence, les HDL ne peuvent se constituer. Voilà une cause génétique d'insuffisance en "bon cholestérol". La sédentarité aussi réduit le HDL … Comme d'habitude, l'inné et l'acquis interfèrent. Le sportif occasionnel, probablement plus encore que le pratiquant régulier, doit s'astreindre à une surveillance biologique régulière !


L’hypertension artérielle est également un facteur de risque. Des chiffres de 13 / 8 constituent une tension artérielle normale. Lorsque le premier chiffre dépasse 19, le risque d'infarctus est multiplié par 3. Si vous avez 13 / 8, la pression sanguine qui règne dans l’artère de votre bras au moment de la contraction du cœur peut soulever 13 centimètres de mercure. Lorsque le cœur se relâche, elle ne parvient à en soutenir que 8. L’hypertension artérielle est définie par une tension artérielle supérieure à 16 / 9,5. Avant d’affirmer le diagnostic, ces chiffres doivent être retrouvés au moins trois fois consécutives. Ils sont nécessairement obtenus dans des conditions de repos et de détente... Souvent, la présence du médecin représente un facteur de stress qui perturbe l’évaluation de la tension. Dans ce domaine les choses ont également évolué, car la tension artérielle normale doit être inférieure à 14,5 / 8. Entre ce chiffre et 16 / 9,5 la tension artérielle est dite limite. Elle nécessite une prise en charge, en particulier chez le sportif. En effet, dans ce cas, il est fréquent de constater une élévation excessive de la tension au cours de l’exercice : c’est l’hypertension artérielle d’effort.


Comme un vaisseau en crue érode ses berges, l’excès de tension artérielle abime la paroi des vaisseaux. Il se constitue alors progressivement de volumineuses cicatrices. Ces dernières peuvent être comparées aux cicatrices inesthétiques qui se forment parfois sur la peau. Elles se chargent en graisses et obstruent progressivement l’intérieur de l’artère.


Vous le savez, le tabac et, particulièrement, la nicotine provoquent des spasmes artériels. Lorsque cette substance stimulante pénètre l’organisme, elle entraîne la contraction des petits muscles entourant les vaisseaux sanguins. Au delà du risque de mort subite provoqué par l'inhalation de fumée juste après l'effort, la nicotine présente surtout une toxicité chronique. Le rétrécissement artériel momentané engendre d’importantes turbulences sanguines. Là encore, la paroi est lésée et une cicatrice anarchique se forme ! De plus, la cigarette réduit le bon cholestérol. Enfin, le tabac stimule la formation des caillots sanguins et facilite plus directement l'infarctus. Ainsi, statistiquement, la consommation d'un paquet par jour triple la probabilité de crise cardiaque. Compte tenu du mode d'action de la nicotine, l'arrêt du tabac se montre rapidement efficace. Certaines études mettent en évidence qu'après 2 à 3 ans d'abstinence, l'ex-fumeur retrouve un risque cardiovasculaire comparable au non-tabagique. Voilà une motivation supplémentaire pour convaincre le sportif de cesser de fumer.


Attention ! tous ces facteurs de risque ne s'additionnent pas, ils se multiplient. On dit que l'association est synergique. Ainsi, si vous avez 3,3 grammes de cholestérol et si vous avez 19 de tension, votre probabilité d'avoir un infarctus n'est pas 3 + 4 = 7 fois plus importante. Votre risque de crise cardiaque est 3 x 4 =12 fois plus élevé. Enfin, si vous fumez un paquet par jour, le danger triple encore. Le sportif doit absolument éviter de cumuler les facteurs de risque que l'on peut soigner ou prendre en charge. Si tel est le cas, et surtout si c'est un homme de 40 ans, des examens médicaux approfondis sont nécessaires avant de lui proposer une activité physique.




Quelles sont les facteurs favorisants de la "mort subite du sportif"?

Comment tenter de les éviter ?


Les décès brutaux lors d'une activité physique étant essentiellement d'origine coronarienne , les éléments facilitant la constitution de plaques de graisse sur les artères du cœur rendent plus probable la survenue de ce drame. Compte tenu de la sanction grave et précoce, ces facteurs de risque sont retrouvés bien plus systématiquement qu'au cours des infarctus survenant à un âge plus avancé. Si vous ne présentez aucun de ces paramètres, cette donnée statistique est plutôt rassurante.


Dans plus de 90% des cas, l'individu victime de cet accident fatal est un homme. Souvenez-vous, son âge moyen est de 47 ans. Deux fois sur trois, il fume. Une fois sur trois, il a de la tension et 1 fois sur 4, il a trop de cholestérol.


A partir du moment où les artères coronaires sont épaissies, quelles circonstances peuvent déclencher la mort subite ? Les études réalisées permettent de mieux resituer le contexte du décès. De nombreux éléments sont fréquemment retrouvés :



La chaleur … ou le froid,


Le début de l'effort … ou la fin de l'effort, ou les variations de rythme,


La compétition ou plus exactement la motivation …,


L'effort intense,


La mauvaise tolérance de l'effort : perception de difficulté inhabituelle, douleur vague dans la poitrine, sensation de malaise …,


La prise d'excitant,


La digestion d'un repas,


L'altitude,


La déshydratation, l'absence de ravitaillement en eau, en sucre et en sels minéraux au cours d'un effort prolongé,


Les infections, les vaccinations, la fièvre et la fatigue de la convalescence,


La cigarette !


La reprise du sport …


L’activité physique pendant l’après-midi .


Bien sûr, certains de ces critères statistiques sont intriqués mais cette liste vous permet d'éviter de les accumuler ! Ainsi, par exemple, en cas de forte chaleur, malgré l'ambiance compétitive, n'hésitez pas à réduire l'intensité de votre effort, surtout si vous ne vous sentez pas au mieux de votre forme. Enfin, pour adapter plus favorablement encore votre attitude sur le terrain, quelques explications sont nécessaires pour mieux comprendre ces phénomènes.



La chaleur … ou le froid :


Une température élevée augmente le travail du cœur. En effet, pour faire rougir la peau et produire la sueur, une quantité plus importante de sang doit être propulsée dans le territoire cutané. De plus, l'exercice en ambiance chaude favorise la déshydratation et la perte en minéraux.


A l'inverse le froid provoque la fermeture des vaisseaux situés dans la peau. De façon inadaptée, le processus s'étend parfois jusqu'aux artères coronaires ! Ainsi, la natation n'est pas conseillée lorsque l'on éprouve trop de difficulté à rentrer dans l'eau. Lorsque sa température est trop fraîche, lorsque vous sortez d'une longue exposition au soleil, le contraste thermique peut provoquer quelques réactions réflexes anarchiques. Dans ces conditions, il se produit parfois des troubles du rythme cardiaque graves, à rapprocher de la fameuse hydrocution. Les conseils issus de la sagesse populaire restent valables. Il faut se glisser petit à petit dans l'eau, prendre soin de se mouiller progressivement le corps, notamment la nuque riche en récepteurs nerveux. De cette façon, l'organisme est peu à peu informé de la nouvelle ambiance thermique et le risque de réaction nerveuse inappropriée s'amenuise.


Le début de l'effort … ou la fin de l'effort, ou les variations de rythme


Lorsque l'activité physique commence, pour stimuler le cœur, le système hormonal décharge dans le sang la fameuse adrénaline. Vous le savez, cette substance du stress physiologique favorise l'expression des anomalies cardiovasculaires. De plus, pendant toute cette période d'adaptation, le cœur ne reçoit pas forcement tout l'oxygène dont il aurait besoin. Là encore, les risques de souffrance cardiaque augmentent. L'échauffement, ou plus exactement la "préparation à l'exercice", doit être long et progressif. Il est impératif que le système cardiovasculaire soit mené pas à pas, de l'intensité de travail correspondant à la vie quotidienne jusqu'à celle de l'activité envisagée. Si ce matin, vous envisagez de faire votre footing, ne sautez pas dans vos baskets au sortir du lit : un dérouillage s'impose. Prenez le temps d'"émerger", n'hésitez pas à débuter votre parcours en marchant puis en trottinant comme un grand-père. Dix à vingt minutes d'accélération progressive sont nécessaires avant d'atteindre votre rythme de croisière.


C'est pour vous désormais une évidence : l'arrêt plus ou moins brutal de l'exercice facilite la survenue de malaise. Les mécanismes vous en ont été longuement expliqués. Rappelez-vous qu'il est indispensable de stopper progressivement votre activité physique.


Chaque rupture de rythme correspond à un début d'effort ou à son arrêt. Chaque accélération, chaque ralentissement reproduisent le processus physiologique de l'adaptation cardiovasculaire. Ainsi, les sports avec des "à-coups" se révèlent les plus dangereux. Malheureusement ce sont souvent les plus ludiques. Au tennis, essayez de faire durer les échanges, mettez des balles plein vos poches et enchaînez immédiatement lorsque l'une d'elles est irrécupérable.


La compétition ou plus exactement la motivation …


Les études montrent bien une recrudescence des morts subites lorsqu'un challenge s'impose. Ce peut être un match officiel ou un examen. L'armée entraîne bon nombre d'individus. De ce fait , elle est fréquemment confrontée au drame de la mort subite. Ainsi, les médecins militaires ont mis en évidence une majoration du risque lors des tests physique destinés à la promotion. Le célèbre "Cooper", consistant à couvrir la distance maximum en 12 minutes, les marches commandos de 8 kilomètres réalisées au pas de course en treillis et rangers se montrent particulièrement "toxiques" ! Ce père de famille de 44 ans, accroché à son guidon de vélo et à son honneur, suçant la roue de son fils de 18 ans sur les pentes du col d'Aspin, prend des risques. Malgré l'absence de compétition officielle, la situation se révèle dangereuse. Il n'a pas vu le gouffre physiologique se creuser. Cet ancien gamin maladroit avec son ballon est devenu un colosse pubère au sommet de ses capacités. Lui est un adulte d'âge mûr ; pour le médecin du sport, pour le cardiologue … pour l'entraîneur et son chronomètre, il se situe sur la pente déclinante ! A l'inverse, il est possible de s'inscrire à une grande course populaire, de porter un dossard et de courir en toute sérénité. Réduire les risques lors de l'activité physique n'exclut pas de participer à la fête !


L'effort intense


Les sports d’équipe comme le football favorisent la survenue d’accident cardiaque. Bien sûr, il s’agit de discipline où les « à-coups » sont permanents. De plus, les matchs et la compétition sont omniprésents. Enfin, les coéquipiers imposent leur rythme et il est difficile de ne pas tenter de suivre la cadence. En cas de mort subite du sportif, les publications scientifiques révèlent que, le plus souvent, l'exercice atteint ou dépasse 85 % des capacités de la victime. Pour simplifier, on peut considérer que la fréquence cardiaque monte à plus de 85% de son maximum. A titre d'exemple, pour un individu de 40 ans, la fréquence maximum théorique est égale à 220 - âge en année = 180. Dans ces conditions, il semble que 180 x 0,85 = 153 battements par minute soit le rythme cardiaque à ne pas dépasser pour s'entraîner en toute sécurité. N'hésitez pas à effectuer le calcul pour adapter les conseils à votre cas. L'idéal est, bien évidemment, de porter un cardiofréquencemètre. Cette montre, connectée à une ceinture thoracique, vous communique en permanence votre fréquence cardiaque. Si vous n'en disposez pas, sachez que l'intensité correspondant à 85% des capacités est responsable d'un essoufflement net. A vélo, elle provoque des brûlures dans les cuisses. Respiration et sensation musculaire vous guident aussi sur le chemin de l'activité la moins dangereuse. Sur le terrain de foot apprenez aussi à vous « écouter ». Modérez votre effort, ne dilapidez pas votre énergie … ainsi, vous améliorerez la qualité technique de votre jeu.


La mauvaise tolérance de l'effort : perception de difficulté inhabituelle, douleur vague dans la poitrine, sensation de malaise …


Vous le savez, un nombre non négligeable de sportifs morts subitement avaient en fait souffert de symptômes cardiaques. Généralement, ces derniers étaient peu typiques ou modérés. En pratique, sachez interrompre une activité physique mal supportée. En cas de signes douteux, n'hésitez pas à consulter un médecin.


La prise d'excitant.


La caféine ou les dopants de type amphétamines stimulent intensément le système cardiovasculaire. Leur mode d'action est très proche de l'hormone du stress physique et psychologique, la fameuse adrénaline. Ces substances favorisent la survenue de battements cardiaques irréguliers. Parfois, elles permettent le dépassement des capacités physiques et chimiques de l'organisme … le cœur en souffrance peut alors renoncer ! Ainsi, Tom Simpson, cycliste de renom, vacille sur les pentes du Mont-Ventoux. Sous la canicule, en plein effort, il s'effondre. Lors du tour de France 1967, il est victime d'une mort subite ! On retrouvera, dans les poches de son maillot, de nombreux comprimés d'amphétamines. Bien sûr, ces produits dopants sont bien plus puissants et bien plus dangereux que la caféine. Cependant la sensibilité au café varie nettement selon les individus et les habitudes. Pour la majorité d'entre nous, 4 à 5 cafés par jour se révèlent parfaitement tolérables ; et une petite tasse avant l'entraînement est sans conséquence. En revanche, pour d'autres, un simple "expresso" provoque des palpitations. Dans ces conditions, la prudence s'impose et l'abstinence est de rigueur, notamment avant de faire du sport. De plus, sachez que de nombreux médicaments, a priori anodins, contiennent des substances voisines des amphétamines. C'est le cas notamment de certains comprimés destinés à lutter contre la banale rhinite. Ces produits sont d'ailleurs interdits par le règlement antidopage. Des molécules comme l'éphédrine ou la pseudo-éphédrine ferment les vaisseaux. Au niveau du nez, cette "vasoconstriction" réduit les écoulements intempestifs. Dans le corps entier, elle permet d'augmenter la pression dans les artères et de stimuler le système cardiovasculaire. Lorsque ce type de traitement vous a été prescrit, il n'est pas recommandé de faire un effort … d'autant que l'infection est aussi un facteur favorisant de la mort subite du sportif !


La digestion d'un repas


Après le déjeuner, le système cardiovasculaire accroît son activité. En effet, le tube digestif, véritable cylindre musculaire, est au travail. Il faut apporter du sang à l’estomac qui malaxe le bol alimentaire. Tout l’intestin a besoin d’énergie car il assume le transit réflexe. Ainsi, l’onde de contraction se propage sur plusieurs mètres. Une proportion non négligeable du débit cardiaque n’est plus disponible pour les muscles périphériques ou le cœur. En plein effort, voilà qui peut suffire à décompenser un équilibre cardiovasculaire précaire. En pratique, la fameuse « règle des 3 heures » doit être respectée. A l’issue d’un repas léger et équilibré, il faut patienter environ 3 heures avant de débuter une activité physique. Dans ces conditions, les étapes les plus contraignantes de la digestion ont été réalisées. Le cœur travaille moins et dispose de suffisamment de sang pour assumer sa mission. Il est à noter que cette durée correspond aussi au délai proposé entre repas et baignade. En effet, la natation et les jeux d’eau sont des exercice physiques. Mais surtout, la digestion favorise l’hydrocution. Entrer rapidement dans l’eau froide après un repas copieux peut provoquer des réflexes inadaptés et faciliter la survenue de battements cardiaques irréguliers.

L'altitude.


En montagne, l’oxygène se fait plus rare. La performance cardiovasculaire est altérée. A chaque passage dans les poumons, les globules rouges ne réussissent plus à faire le plein d’oxygène. Ce gaz précieux ne parvient plus en quantité suffisante au muscle et au cœur. Le système cardiovasculaire accélère la cadence pour tenter de compenser … mais il travaille dans de mauvaises conditions. Là encore, un état pathologique latent peut s’exprimer ! De plus, en altitude, l’air est froid et sec. Au cours de l’effort, la déshydratation et la perte en minéraux sont insidieuses et favorisent, elles aussi, la mort subite. Face à un vent glacial, les artères coronaires peuvent également se spasmer ! En montagne, et particulièrement à partir de 1500 à 2000 mètres, sachez revoir vos exigences cardiovasculaires à la baisse. Réduisez l’intensité de vos entraînements. Prenez le temps de vous adapter. Quelques jours suffisent pour ajuster le fonctionnement de votre respiration. En revanche, il faut attendre 3 semaines pour faire le plein de globules rouges et transporter au mieux l’oxygène arrivé au poumon en trop petite quantité.


La déshydratation, l'absence de ravitaillement en eau, en sucre et en sels minéraux au cours d'un effort prolongé.


Au cours de votre activité physique, vous transpirez. Vous perdez de l’eau, mais également les minéraux dilués dans la sueur. Vous le savez, la contraction musculaire est enclenchée et régulée par des échanges de minéraux entre le sang et le muscle. Si un déséquilibre se produit, le passage de ces substances est perturbé. Parfois, la contraction devient anormale … et c’est la crampe ! Au niveau du cœur, ce peut être des battements irréguliers ou la mort subite ! Bien évidemment, l’équilibre hydrominéral s’altère lorsque l’effort se prolonge. C’est ainsi que la durée de l’effort, comme son intensité, sont des facteurs de risque. En pratique, au cours de vos entraînements, ne buvez pas d’eau … mais une solution sucrée et minéralisée. Toutes les 10 à 15 minutes, prenez 2 à 3 gorgées d’une « boisson de l’effort ». Du jus de fruit, dilué de la même quantité d’eau et une pincée de sel, peut faire l’affaire. Par temps chaud, n’hésitez pas à vous asperger. En humidifiant votre visage et vos vêtements vous « économiserez » votre sueur.


Les infections, les vaccinations, la fièvre et la fatigue de la convalescence.


Dans ces conditions, le travail cardiovasculaire s’accroît, notamment pour cause d’augmentation de la température corporelle. De plus, le cœur souffre souvent d’une inflammation. Parfois même, il est envahi par l’agent infectieux. En cas de grippe, vous avez bien perçu des courbatures … notamment dans les muscles longeant la colonne vertébrale. Au niveau du cœur, ce type d’agression tissulaire existe. Souvent, elle ne provoque pas de douleur. Lorsque l’irritation se cantonne à la membrane entourant le cœur, c’est une péricardite. Quand l’infection gagne la masse musculaire, elle porte le nom de myocardite. Vous savez qu’un muscle courbatu et fatigué est plus sensible au claquage ou aux crampes. De la même façon, le cœur victime d’inflammation peut , en cas de sollicitation intempestive, souffrir de troubles du rythme particulièrement graves ! En cas d’infection aiguë, surtout si vous avez de la fièvre , le repos sportif s’impose. De toute façon, vous êtes fatigué. L’intensité du travail réalisable est si faible qu’elle ne présente aucun intérêt pour votre préparation. Même au cours de la semaine qui suit, contentez-vous d’un travail en aisance respiratoire. Ne forcez pas, votre cœur cicatrise lentement. Reposez vous, c’est la meilleure manière de récupérer pour reprendre au plus vite votre programme d’entraînement !


La cigarette !


Vous le savez, le tabac peu de temps après l’arrêt de l’effort se révèle particulièrement dangereux pour le cœur. Les mécanismes du drame vous ont été expliqués. Alors ne fumez pas !


La reprise du sport …


Vous avez lu que, chez le sportif occasionnel, le risque de mort subite est statistiquement 10 fois plus élevé que chez le pratiquant régulier. A chaque fois qu’un individu renoue avec l’exercice, son organisme vit un stress. Son système cardiovasculaire baigne dans l’adrénaline. Son cœur excité travaille à intensité bien plus élevée que celle de son camarade entraîné. La moindre anomalie cardiaque peut dégénérer. En pratique, la nouvelle est plutôt bonne. Soyez assidu, faites du sport régulièrement et fréquemment !


L’activité physique en fin d’après-midi …


Une étude américaine montre une recrudescence des morts subites vers 18 heures. Cependant, cette notion n’a probablement pas de signification physiologique. Il s’agit sûrement d’un biais statistique. En effet, la majorité des entraînements sportifs ont lieu après le travail. Pour permettre une quelconque interprétation, Il faudrait, pour une période donnée, corréler le risque d’accident au nombre de pratiquants. En pratique, entraînez-vous quand vous vous voulez, quand vous pouvez …mais faites du sport intelligemment ! Suivez les recommandations de cet ouvrage !



Comment dépister les sujets à risque de « mort subite du sportif » ?


Les médecins du sport et les cardiologues ont à cœur de limiter la probabilité de décès brutal pendant l’activité physique. Les études réalisées permettent de mieux cerner les conditions de l’accident. Ainsi les nombreux conseils qui précèdent ont pu vous être prodigués ! De plus, les causes et les facteurs de risque ont été retrouvés. Quand le médecin est sollicité pour un certificat médical d’aptitude au sport, il lui est possible de rechercher les symptômes d’effort les plus pertinents. Enfin, les explorations et les bilans appropriés sont programmés si nécessaire !


L’examen complémentaire de référence est l’ « épreuve d’effort ». Elle permet la recherche des maladies coronariennes, principales causes de mort subite à l’exercice. Le sportif se rend à l’hôpital. Il monte sur un vélo désespérément immobile. Malgré le matériel, l’ambiance est bien différente d’une salle de fitness branchée. Les murs blancs ont remplacé les larges glaces et les plantes vertes. Les monitrices de biking vêtues de lycra échancré et fluo se sont métamorphosées en infirmières portant une large blouse. Torse nu sur sa machine, il a le thorax cerclé d’électrodes. Ainsi, un enregistrement de l’activité électrique de son cœur est effectué, c’est l’électrocardiogramme ou « ECG ». Notre athlète va pédaler progressivement jusqu’au maximum de ses possibilités tandis que la surveillance électrique se poursuit. La moindre anomalie de fonctionnement cardiaque est analysée. L’effort augmente peu à peu le travail du cœur. En cas d’obstruction partielle de ses artères, il ne tarde pas à manquer de sang et d’oxygène. La souffrance du cœur est bien visible sur l’ECG et les battements cardiaques irréguliers apparaissent nettement. Dans ces circonstances, l’effort est immédiatement interrompu. Si nécessaire, le patient est soigné en urgence. Enfin, un bilan approfondi est programmé . A l’inverse, si tout se passe bien jusqu’au sprint final, le sportif est normalement indemne de lésion coronarienne. En théorie, il est tranquille sur le terrain, quelle que soit l’intensité de son effort.


Malheureusement, bien que cet examen soit souvent proposé comme juge de paix, sa fiabilité est loin d’être absolue. De nombreuses explications justifient ses performances médiocres pour prévenir la mort subite du sportif. En effet :


La plaque de graisse peut être mince et souple.


L’effort est court et s’intensifie régulièrement.


L’exercice n’atteint pas toujours le maximum.


La plaque de graisse peut être mince et souple : Dans ces circonstances, elle s’écrase au passage du sang. Le débit dans les artères coronaires est inchangé. Malgré l ‘effort, le cœur ne souffre pas et pourtant ces plaques sont particulièrement dangereuses. En effet, ce sont les plus fragiles. Un jour, à la faveur d’un exercice intense provoquant une forte élévation de pression sanguine dans les artères, l’épaississement peut se déchirer. Vous le savez, l’organisme tente de cicatriser cette plaie vasculaire. Le sang coagule à cet endroit et le caillot ne tarde pas à obstruer l’artère : c’est l’infarctus d’effort ou « crise cardiaque », suivis parfois d’un décès brutal ! Par malchance, ce type de lésion artérielle souple survient en début d’évolution, lorsque la plaque commence à se constituer. Ainsi, vers 40 ans, alors le patient est encore actif ou, pire , alors qu’il reprend le sport, les épaississements des parois ne sont pas encore rigides. On parle d’«athérome » et non pas d’«athérosclérose ». Souvenez-vous : 47 ans, c’est l’âge moyen des morts subites du sportif ! Et la lésion typique de ce drame est difficilement décelable à l’«électrocardiogramme d’effort » !


L’effort est court et s’intensifie régulièrement. Cet examen dure de 10 à 20 minutes. Nous sommes loin des longues courses cyclistes ou des marathons. La déshydratation, le déséquilibre minéral sont incomparables. De plus, la résistance imposée par le pédalier augmente progressivement toutes les 1 à 3 minutes. La difficulté s’accroît lentement. Voilà qui est fondamentalement différent des ruptures de rythme inhérentes aux sports collectifs ou aux jeux de raquette ! Le système nerveux décharge moins puissamment les hormones du stress, le système cardiovasculaire est moins chahuté. Ainsi, vous comprenez pourquoi l’épreuve d’effort révèle moins les battements cardiaques irréguliers que le sport effectué sur le terrain !


L’exercice n’atteint pas toujours le maximum. Si un coureur de fond fait du vélo, il risque fort de ne pas monter jusqu’à la fréquence cardiaque maximum. En effet, la posture et le travail musculaire ne sont pas comparables. Sur la bicyclette, la force des cuisses est particulièrement sollicitée. Lorsque l’exercice s’intensifie, les muscles chauffent. Le marathonien ne tarde pas à ne plus pouvoir vaincre la résistance imposée par le pédalier. Les quadriceps brûlants et tétanisés, il stoppe son effort … bien avant que son cœur n’ait atteint sa fréquence maximum. Si l’obstruction partielle des artères coronaires est provoquée par une petite plaque de graisse, elle ne perturbe le fonctionnement cardiaque qu’à une intensité très élevée. A l’issue d’une épreuve d’effort sur vélo, le joggeur souffrant de maladie coronarienne débutante peut être rassuré … à tort ! Malheureusement, pratiquer le test sur un tapis roulant n'est pas la solution. Les cahots provoqués par la réception de chaque foulée secouent les électrodes et rendent ininterprétable le tracé ECG !


Une histoire caractéristique est rappelée au cours de l’enseignement prodigué au futur médecin du sport. Un marathonien ressent une douleur vague dans le bas de la poitrine pendant les séances intensives, dites « en fractionné ». L’épreuve d’effort réalisé ne montre aucune anomalie du fonctionnement cardiaque …d’ailleurs, elle ne reproduit pas la gêne thoracique. Le médecin opte finalement pour une souffrance digestive, particulièrement fréquente en course à pied ! Malgré le traitement instauré, la symptomatologie persiste dès qu’il accélère ! Alors, pour une analyse rigoureusement spécifique, il faut faire un « holter ». Cet examen consiste à porter à la ceinture un ECG miniature, gros comme un Walkman. L’appareil espionne le patient pendant toute une journée, alors qu’il vaque à ses occupations habituelles. Notre coureur a pour consigne d ‘effectuer la séance d’entraînement provoquant les douleurs afin d’authentifier d’éventuelle anomalie. Ce jour là, en direct sur son holter, notre marathonien succombe à une mort subite du sportif !


L'épreuve d'effort tranquillise trop souvent le sportif. Il existe une part importante de tests faussement rassurants. Ces explorations ne décelant pas une maladie existante sont appelées des "faux négatif". Selon les études, la "sensibilité" varie entre 40 et 90%. Ceci signifie que seuls 40 à 90% des coronariens seront décelés par cet examen. La moyenne est de 75%. En fait, si vous êtes porteur d'une obstruction partielle des artères du cœur, l'épreuve d'effort que vous passez a 1 chance sur 4 de rater le diagnostic ! Le docteur Jaeger a calculé le coût à payer pour tenter d'éviter les décès brutaux sur les terrains de sport. Si, pour chaque sportif, était réalisée une consultation biologique, un dosage du cholestérol et une épreuve d'effort, la prévention d'une mort subite serait facturée un million de francs suisses. Alors, comment faire ?


Il est possible de se montrer beaucoup plus efficace. Pour cela, il est indispensable de définir avec précision les indications de l'épreuve d'effort. En effet, lorsqu'il existe un risque plus élevé d'obstruction partielle des artères du cœur, ce test se révèle bien plus performant. Sa sensibilité monte en haut de la fourchette et atteint 90%. Cette exploration ne passe à coté du diagnostic qu'une fois sur dix. Pour un examen médical, le résultat devient beaucoup plus acceptable !


Ainsi, la fédération française de cardiologie propose de ne réaliser une épreuve d'effort au sportif de sexe masculin âgé de plus de 35 ans que s'il présente une autre anomalie. Cet examen devient impératif, si le patient présente des symptômes à l'exercice ou s'il existe des facteurs de risque surajoutés. Ce test s'impose en cas de douleur dans la poitrine, de malaise ou de palpitations pendant l'activité physique. Il se montre encore obligatoire en cas de tabagisme, d'excès de cholestérol, d'hypertension artérielle ou d'antécédents familiaux de crise cardiaque. Ces recommandations sont valables pour les femmes de plus de 50 ans. A cet âge, l'épreuve d'effort doit être systématique chez l'homme sportif !


Aux Etats-Unis, les indications sont un peu plus larges. Il est probable que ce comportement soit , en partie, destiné à réduire le risque de procédure juridique en cas d'accident. L'American College of sports medicine suggère vivement d'effectuer un test d'effort à tous les hommes de plus de 40 ans et à toutes les femmes de plus de 50 ans pratiquant une activité physique intense. Quel que soit l'âge, il est conseillé chez tous les sportifs assidus présentant au moins deux facteurs de risque comme le tabac, l'hypertension, l'excès de cholestérol ou les antécédents familiaux de crise cardiaque. Enfin, cet examen est nécessaire au moindre symptôme anormal pendant l'exercice.


Avant 35 ans la mort subite du sportif est rarissime. Elle est essentiellement provoquée par des malformations cardiaques. Sa prévention passe par un examen médical soigneux. En cas de doute, une échographie cardiaque est programmée. Cet examen est particulièrement utilisé pour surveiller la croissance du fœtus dans le ventre de sa mère. De la même manière, il analyse la morphologie du cœur et peut déceler une anomalie . Chez le jeune sportif, on ne retrouve un accident mortel que toutes les 20 millions d'heures d'activité.


Même après 35 ans, la probabilité de décès brutal pendant l'exercice reste très faible. Une crise cardiaque fatale ne se produit que toutes les 1,2 millions d'heures de pratique physique . A raison de 3 heures de sport par semaine, cela représente 7700 ans d'entraînement ! Vous avez le temps de progresser ! De plus, si vous suivez les conseils prodigués dans cet ouvrage, si vous bénéficiez d'un protocole de dépistage adapté, le risque diminue encore ! Alors faites du sport ! Faites le correctement , car, comble de la stupeur, l'activité physique bien menée réduit le risque d'infarctus, … mieux encore, l'exercice participe au traitement de la crise cardiaque !


Le sport contre la crise cardiaque !

De l’autre côté du plus célèbre monument parisien, dans les allées fleuries du Champ de Mars, Roger fait son footing. Il se promène en trottinant. C’est facile, comme si la brise d’automne le poussait de l’avant. Il ne s’est jamais senti aussi bien !


Pourtant, il y a quelques mois encore, le mistral s’opposait au moindre de ses déplacement. Même la marche était pénible, il était essoufflé comme si son corps ne respirait que la fumée de ses cigarettes. Jusqu’au jour où un vent de panique le terrassa : une immense douleur lui enserrait la poitrine. Comme 100000 français chaque année, il était victime d’un infarctus.


Vingt minutes plus tard, le SAMU le prenait en charge. Trois jours plus tard, alors qu'il était encore hospitalisé en réanimation, un kinésithérapeute lui faisait pratiquer des exercices de gymnastique douce. Dix jours après, dans un centre de rééducation niché dans la campagne verdoyante, il pédalait sur un vélo ! En trois semaines, il se reconciliait avec son corps, réapprenait le plaisir de l’effort, redécouvrait le bien-être procuré par l’exercice régulier. Trois mois ont passé, depuis cet accident cardiaque gravissime, après avoir frôlé la mort, sa santé est bien meilleure et Il est beaucoup plus en forme ! Les événements de l’existence ont poussé Roger à réfléchir, il en est presque devenu philosophe. « Je revit », dit-il « Cette résurrection, ce miracle de la deuxième chance, c’est au sport que je le dois »


L'activité physique pour soigner l'infarctus


Dès l’après-guerre, en 1948, Dietrick met en évidence le danger de l'immobilisation après une crise cardiaque. Ce sont, bien sûr, les complications inhérentes à l'alitement. Il s’agit de la stagnation du sang dans les veines. Dans ces conditions, il peut s’y former des caillots de sang : c’est la phlébite. Parfois, cette dernière migre jusque dans les poumons et provoque une dangereuse embolie pulmonaire ! Mais les inconvénients de l’inactivité ne s’arrêtent pas là. Le corps tout entier se désadapte. Les muscles des bras et des jambes perdent le peu d’entraînement dont ils bénéficiaient. Le cœur blessé n’éprouve que plus de difficulté à mouvoir ce corps affaibli ! Pire encore, la portion du cœur indemne se démuscle et il lui est bien difficile de retrouver ses capacités antérieures. Bien évidemment, Il se montre bien incapable de compenser l'immobilité du segment cardiaque lésé par l'infarctus.


Il n'y a pas si longtemps, avant que l'activité physique ne s'intègre au traitement de la crise cardiaque, le patient était condamné à la sédentarité forcée, à perpétuité. Selon ses médecins, le moindre exercice proposé à ce cœur gravement handicapé pouvait mettre sa vie en péril ! Pourtant, il faut attendre les années 60 pour que l'exercice prenne une place thérapeutique de choix. L'Organisation Mondiale de la Santé fait sa révolution en 1968. Elle définit et officialise la rééducation cardiovasculaire après infarctus du myocarde.


Le mode d'action du réentraînement à l'effort commence à être connu. Il avoisine les mécanismes d'adaptation provoqués par l'activité physique chez le sportif bien portant. Bien évidemment, le cœur se remuscle. A chaque battement, il propulse plus de sang dans les artères. Pour une même fréquence cardiaque, le débit augmente et l'activité peut être plus soutenue. Mais surtout ce sont les muscles des bras et des jambes qui progressent. En pleine action, ils apprennent à prélever plus d'oxygène dans le sang qui les traverse. Pour un même débit cardiaque, les membres ont la possibilité d'effectuer un travail plus important. Le cerveau aussi améliore son fonctionnement. Il programme mieux le geste et la coordination est meilleure. Cette fois, pour une même dépense énergétique musculaire, le mouvement se montre plus efficace. En gagnant à tous les niveaux du fonctionnement de l'organisme, la réadaptation cardiovasculaire se montre particulièrement utile. En début de rééducation, 110 de rythme cardiaque, Roger marchait péniblement. Maintenant il trottine. A l'inverse, pour une activité identique, le cœur travaille moins. En 3 à 6 mois d'entraînement, Roger a constaté que le nombre de battements cardiaques par minute nécessaires pour marcher activement a diminué de 20 à 30.


L'un des mécanismes d'efficacité de la réadaptation cardiovasculaire est d'ordre psychologique. Au delà de la remise en confiance, il semble que l'entraînement modifie l'appréciation des sensations musculaires et respiratoires. Avant son infarctus, Roger souffrait des cuisses dès qu'il montait les escaliers. Il était gêné par son essoufflement. Maintenant, il perçoit les mêmes sensations en pédalant dans les côtes de Seine et Marne mais il les tolère parfaitement. On dit que la "pénibilité" de l'exercice est réduite. La subjectivité des informations corporelles existe également chez le sportif en pleine santé. Les brûlures musculaires ressenties par un coureur du tour de France au cours d'un prologue sont totalement intolérables pour un cycliste du dimanche.


Enfin, on a longtemps supposé que l'entraînement favorisait l'apparition de nouvelles branches sur les artères coronaires. En fait, des études récentes ont infirmé cette hypothèse.


Les techniques, le matériel et les méthodes de réadaptation post-infarctus varient selon les centres mais les principes essentiels sont identiques. Ces derniers sont comparables à ceux de l'activité physique favorable à la santé cardiovasculaire chez les individus indemnes de toute maladie. Il faut solliciter le cœur en endurance, c'est à dire suffisamment intensément pour l'entraîner mais pas trop … pour continuer l'effort longtemps. Pour travailler correctement, le cœur doit propulser beaucoup de sang. Il est nécessaire de mettre en action une volumineuse masse musculaire. Les membres inférieurs sont invités à participer ! Afin que l'exercice se prolonge, ni le cœur, ni les muscles ne doivent se surmener : le rythme respiratoire s'accélère légèrement mais aucun essoufflement n'est perçu. Bien sûr, le niveau d'activité responsable de ces adaptations varie selon la condition physique. Classiquement, il s'agit du vélo, de la marche puis du jogging.


Roger se souvient bien de son stage de remise en forme après sa crise cardiaque ! Comme il n'a été victime d'aucune complication le programme a débuté rapidement. Tout commence dans le service de réanimation. Pendant les deux premiers jours, il est comme ligoté à son lit par un lacis de fils électriques. En permanence, il passe à la télévision. Son cœur est surveillé par un écran. Comme les autres patients, son fonctionnement cardiovasculaire est espionné et retransmis en direct, là-bas, au centre du service , dans la salle des machines. Même la nuit, on s'occupe consciencieusement de sa santé. Les sonneries stridentes et intempestives de ces appareils, les claquements des talons de bois des infirmières trottinant dans le couloir prennent soin de le réveiller régulièrement …comme pour lui rappeler qu'il est encore vivant ! Enfin, il se sait tiré d'affaire. Après traitement adapté, 96% des patients entrant en réanimation seront sauvés et 75% reprendront leur travail. C'est heureux car Roger a des projet plein la tête !


Au troisième jour, un kinésithérapeute vient lui rendre visite. Il l'accueille comme avec bonheur. Il est spécialisé en réadaptation cardiovasculaire, il est sympa et dynamique. Vraiment, il se sent en confiance. "Roger, votre corps fonctionne encore, nous allons ensemble le redécouvrir". Il réapprend à respirer. Grâce à d'amples mouvements de poitrine ses muscles thoraciques reprennent du service. Ces exercices le détendent. Déjà, le kiné lui demande de contracter légèrement ses muscles alors qu'il bloque les bras ou les jambes. Enfin, ces articulations sont mobilisées en douceur. Quel soulagement ! Roger vient de découvrir que l'organisme n'est pas fait d'immobilité !


Une semaine après le drame, Eric, son kiné, l'aide à se lever. Finie la cérémonie du "bassin", désormais Roger peut aller aux toilettes. Au cours de ce pénible protocole, même son système cardiovasculaire manquait de sérénité. L'effort est bien plus aisé dans des conditions normales.


Maintenant, Roger marche doucement dans le couloir. Il est accompagné par son ami Eric et par son ange gardien. Ce dernier est électronique, il s'agit d'un système de télésurveillance. Même échappé de son lit, Roger est espionné par les écrans de la salle des machines et le médecin zappeur l’observe ! Bien évidemment, le kiné surveille lui aussi et contrôle l'intensité de l'effort.


Deux semaines ont passé, le moment du test d'effort est arrivé ! Cette fois, il n'est pas maximum, il s'agit juste d'observer le comportement du cœur pendant l'exercice. La résistance du pédalier doit atteindre 80 watts, soit l'équivalent d'une marche active sur terrain plat à environ 6 kilomètres / heure. Formidable ! aucune douleur dans la poitrine, pas de signe de souffrance du cœur sur l'enregistrement, son départ pour un centre de réadaptation est programmé ! Le séjour doit durer un mois.


On se croirait presque au Club Med ! Le cadre est ravissant, l'ambiance est conviviale et de nombreuses activités sont organisées. Notamment, des diététiciennes animent des ateliers nutritions. Roger réapprend à se nourrir. Il découvre l'existence de mets savoureux et bénéfiques pour le cœur. Son épouse est conviée. C'est vrai, Roger l'avoue : "A la maison, c'est ma femme qui s'occupe de la cuisine le plus souvent" Madame précise : " … tout le temps, Roger !" . Il acquiesce, le temps n'est plus aux disputes mais au bonheur de vivre ensemble !


L'activité physique tient une place de choix. Il faut acquérir de l'endurance. Cette fois, c'est plutôt le Gymnase club. De nombreux appareils sont installés dans la grande salle. Vélo, tapis roulant et simulateur d'escalier permettent de retrouver la santé et la forme. Bien sûr, ici, le cœur est surveillé en permanence, pour doser son effort et s'assurer de son fonctionnement normal. Le programme de base est simple :


10 minutes d'échauffement progressif.

10 minutes de travail

Il faut se situer à environ 70 des capacités

soit à une fréquence cardiaque d'environ 100 à 110

10 minutes de retour de récupération à intensité lentement décroîssante


La gym d'entretien avec des haltères légers est également pratiquée. Il faut dérouiller ses muscles pour retrouver le goût de bouger. Et puis, le système cardiovasculaire doit se réadapter aux quelques sollicitations musculaires inhérentes à une vie quotidienne normale ! On peut aussi s'entraîner dans l'eau. Pendant les séances d'Aquagym, c'est Archimède qui aide les articulations de Roger à renouer avec le mouvement.


Bientôt, des balades et des jeux de plein air sont organisés ! Roger apprend à contrôler l'intensité de son effort loin des machines de surveillance. Il s'aide de ses sensations respiratoires et musculaires mais aussi de son cardiofréquencemètre. Grâce à cette montre, il connaît en permanence sa fréquence cardiaque.


Au cours de la dernière semaine, Roger effectue une nouvelle épreuve d'effort. Aujourd'hui, il faut aller à fréquence cardiaque maximum ! C'est dur pour les cuisses mais le cœur ne se plaint pas ! Encore une fois tout est normal. L'entraînement peut s'intensifier légèrement et le séjour tire à sa fin.

Un mois et demi après le drame, le jour du retour à la maison est arrivé. Roger se sent bien plus en forme qu'avant sa crise cardiaque ! Il a franchi brillamment les "3 R" de traitement de l'infarctus : Récupération, Réadaptation, Réinsertion. Grâce au sport, il a amplement repris confiance en lui. Il est attendu au bureau, il reprendra son travail avec assurance : les jeunes loups venus des écoles de commerce n'ont qu'à bien se tenir ! Cependant, en plus de quelques médicaments, il part avec une ordonnance de vie saine : pas de tabac, une alimentation équilibrée, moins de stress et de l'activité physique … pour la vie entière ! Roger est enthousiaste à l'idée d'intégrer à son programme hebdomadaire 3 à 4 séances d'entraînement de 30 minutes à 1heure . Le week-end, ce sera jogging ou bien randonnée en famille. Le mardi ou le mercredi matin, il usera son vélo d'appartement en regardant les infos à la télé. Le jeudi, il a promis d'aller au cours d'Aquagym avec son épouse … quitte à discuter un peu avec les amies de madame !


Même au sujet de l'intérêt de la réadaptation cardiovasculaire, la controverse scientifique existe. En pratique, si le parcours de Roger semble idéal, 27% des patients victimes d'infarctus sont inaptes à un protocole de réentraînement complet. De plus, certains ne sont pas aussi coopérants et leur aversion pour l’exercice se montre définitive et rédhibitoire. De plus, une étude a été réalisée aux Etats-Unis dans le cadre du « national Exercise and heart disease ». A l’issue d’un infarctus, l’exercice physique ne semblait ni réduire le risque de récidive, ni diminuer la mortalité. Malgré les oppositions ponctuelles la réadaptation post-infarctus a fait la preuve de son efficacité. Cependant, tous les chercheurs sont unanimes, l’exercice physique intense, provoquant un essoufflement, ne présente aucun intérêt !


Le sport participe à la prévention de la crise cardiaque

Cent mille personnes sont victimes d’infarctus en France chaque année. C’est la première cause de mortalité chez les hommes de plus de 45 ans et chez les femmes de plus de 65 ans. La recrudescence survient insidieusement au cours du XX ème siècle lorsque le niveau de vie augmente. Les maladies de carence et d’épuisement se meuvent progressivement en pathologies d’abondance et de sédentarité. Ainsi, concernant le risque d’infarctus, il est bien compréhensible que les médecins cherchent à évaluer la responsabilité du manque d’activité physique.


Dès les années 50, des études ont intrigué la communauté scientifique. L’une d’elles a été publiée dans le « Lancet», la célèbre revue médicale anglo-saxonne. Elle portait sur les employés des transports publics londoniens. Le docteur Jeremy Noah Morris mettait en évidence que les chauffeurs présentaient plus souvent des crises cardiaques que les contrôleurs. Il en déduisait qu’il était bon pour le cœur de déambuler dans les couloirs et surtout de monter les escaliers pour atteindre le premier étage des fameux bus rouges. Le docteur Ralph Paffenbarger s’intéressa, lui, aux dockers d’Europe du nord. A force de décharger les bateaux, eux aussi étaient plus rarement victimes d’infarctus.


Souvenez vous, en plus du sexe, de l’âge et des antécédents familiaux de crise cardiaque, il existe 3 autres facteurs de risque essentiels. Ces derniers caractérisent souvent une forme d’excès inhérente à notre civilisation d’opulence et de sédentarité. Le cholestérol, l’hypertension artérielle et le tabac favorisent la survenue d’infarctus. Selon la gravité, chacun d’eux multiplie de 1,5 à 4 la probabilité de maladie coronarienne. Il fallait également tenter de chiffrer l’influence du manque d’exercice. Berlin et Colditz ont regroupé de nombreuses publications sur le sujet. Il ont réalisé ce que l’on appelle une méta-analyse. Les conclusions sont claires : la sédentarité multiplie par deux le risque d’infarctus. Il s’agit d’un facteur de risque comparable à ceux considérés comme essentiels !


Cependant, initialement, les détracteurs trouvent la parade ! Pour les scientifiques férus de bridge et de pipe au coin du feu, l’exercice physique est un facteur de prévention indirect. Il agit en modifiant l’hygiène de vie et en réduisant les facteurs de risque. Qu’en est-il véritablement ?


C’est vrai, faire du sport motive pour ne pas fumer, encourage à équilibrer son alimentation et facilite la maîtrise du poids. L’excès de graisse corporelle augmente la probabilité de crise cardiaque. Mais attention, les rondeurs féminines se montrent plutôt protectrices pour le cœur. En revanche, la bouée masculine, dite androïde, entourant l’abdomen se révèle dangereuse. Le tissu adipeux situé sous la peau du ventre est corrélé à la graisse présente en profondeur autour des organes … et dans les artères !


Une publication germanique récente se montre encore plus intrigante. Elle révèle une relation linéaire entre pratique sportive, niveau d’éducation et de revenus. Parallèlement, le statut social inférieur apparaît également comme un facteur de risque cardiovasculaire. Il semblerait que, dans ces conditions, l’accès aux informations de prévention et le recours aux soins soient moins faciles. Mais il est également possible que ces deux derniers paramètres s'associent au manque d’activité physique.


Objectivement, la dissociation entre ces critères est difficile. D’autant que d’autres publications semblent confirmer la théorie de l’atténuation des facteurs de risque par le sport. Le docteur Ray Rosenman réalise une étude sur 2635 fonctionnaires californiens. La probabilité d’infarctus ne semble pas liée au niveau de pratique sportive. Parallèlement, une étude effectuée par le docteur Wilhinseman démontre une influence nette du sport … sur les facteurs de risque usuels de la maladie coronarienne.


Enfin, et … heureusement, en 1989, l’étude Rail Road procède aux complexes ajustements statistiques nécessaires. Elles démontrent que l’exercice physique est un facteur de prévention indépendant ! C’est incontestable : la pratique sportive réduit le risque d’obstruction partielle des artères du cœur. Elle diminue la probabilité de crise cardiaque et de mort subite !


Alors comment expliquer l’efficacité de l’exercice ? Bien sûr, il agit sur les mécanismes de formation des plaques de graisse dans les vaisseaux , donc sur les facteurs de risque de la maladie coronarienne. Mais son action est directe, indépendamment d’un comportement induit par la pratique régulière d’une activité physique.


Ainsi, le sport d’endurance diminue le « mauvais cholestérol », le LDL cholestérol. Tout se passe comme si le muscle en action captait les graisses énergétiques présentes sur ce transporteur. Plus petit, ce dernier ressemble désormais au HDL. La place libre peut désormais accueillir le cholestérol et l’emmener jusqu’au foie où il sera éliminé !


Même chose pour le sucre ! L’activité physique réduit le risque de diabète de l’âge mûr. Les masses musculaires au travail consomment le glucose circulant dans le sang. Celui -ci a moins tendance à se déposer dans la paroi des vaisseaux. La membrane sur la quelle s’appuient les cellules bordant les artères sont moins épaisses et plus souples.


Le sport favorise la régulation de la tension artérielle ; il réduit le risque d’hypertension. En effet, au cours de l’effort, les artères menant aux muscles s’ouvrent largement. L’organisme apprend ainsi à dilater ses vaisseaux sanguins. On dit que le corps acquiert la capacité à diminuer les résistances périphériques. La pression dans les tuyaux est plus faible ! L’alternance contraction / décontraction au sein des masses musculaires en action pompe le sang et le travail du cœur diminue. Ce dernier prend l’habitude de se contracter moins vigoureusement et la tension baisse, même au repos.


Le pratique régulière d’un sport, indépendamment de l’alimentation équilibrée souvent associée, favorise la maîtrise du poids. Une activité prolongée brûle beaucoup de calories. Les exercices de renforcement augmentent la masse musculaire. Cette dernière réclame beaucoup d’énergie pour assurer son entretien. Ainsi, on peut dire que l’endurance entraîne une dépense calorique pendant l’entraînement et que la musculation augmente la consommation énergétique entre les séances ! Un panachage d’activité se montre donc efficace pour rester mince.


Le sport réduit le stress. Peut-être de façon indirecte, en augmentant le bien-être et la confiance en soi, mais aussi de manière directe. Vous savez que les sportifs entraînés ont une fréquence cardiaque de repos plus basse que les sédentaires. Ce phénomène est provoqué par la diminution de l’activité du nerf accélérant les battements du cœur. Le système nerveux et les glandes déchargent moins d’adrénaline, comme pour mieux récupérer de l’exercice, le corps s’impose un peu de repos. Cette régulation porte le nom de « réduction du tonus sympathique ». Ainsi, l’organisme, appauvri en hormones du stress, décharge moins de sucre et de graisse dans la circulation.


Plus que réduire le risque de formation de plaque d’athérome, l’activité physique diminue également la probabilité d’infarctus et de mort subite. A l’effort, pour une intensité identique, la fréquence cardiaque est, là encore, plus basse chez un pratiquant régulier. Le cœur travaille moins. Quand bien même il existerait une obstruction partielle des artères, l’apport en sang et en oxygène pourrait rester suffisant. Le muscle cardiaque se contracte moins vigoureusement, les artères qui l’entourent sont moins contorsionnées et la tension à l’intérieur est plus faible. Les plaques d’athérome risquent moins de se déchirer. La quantité d’adrénaline libérée dans le sang est plus modérée : les plaquettes ont moins tendance à s’agglutiner à la moindre érosion de la paroi vasculaire et le cœur moins excité risque moins la crampe fatale !


Ainsi, vous comprenez pourquoi l’entraînement se montre aussi efficace pour réduire le risque de mort subite. Le sportif assidu a 10 fois moins de risque de mourir pendant l’effort que le pratiquant occasionnel. Mieux encore, la probabilité diminue également pendant la vie quotidienne. Même loin des terrains de sport, le décès brutal survient dans 23% des cas au cours d’un effort banal et dans 6% des cas au cours d’une émotion source d’une décharge d’adrénaline. Avec l’entraînement physique, le corps s’adapte à la stimulation , il assume aisément cette agitation physiologique.


Quelle activité sportive pour protéger son cœur et être forme ?


Les dockers norvégiens déchargeant les cargos et les contrôleurs déambulant dans les couloirs des bus londoniens parviennent à protéger leur cœur. Pourtant la quantité d’exercice quotidien réalisé est totalement différente. Il a été calculé que la dépense énergétique des manutentionnaires du port d’Oslo correspondait à 130 kilomètres de footing hebdomadaire. Heureusement, l ‘effet préventif du sport apparaît plus précocement.


Afin de déterminer les conditions de l’exercice physique favorable à la santé du cœur, l’Organisation Mondiale de la Santé, en 1977, se réunit à Luxembourg. Les scientifiques tentent de faire la synthèse de nombreuses études publiées sur le sujet. En plus de la quantité d’énergie consommée il faut préciser la nature de l’exercice, la fréquence des séances dans la semaine et l’intensité du travail cardiovasculaire. A l’issue du débat, un consensus est proposé :


il faut pratiquer

- une activité d’endurance , classiquement : le jogging, le vélo ou la natation,

- 30 minutes à 1 heure, 3 fois par semaine

- à environ 75% de ses capacités cardiovasculaires


… toute la vie !


Quelques explications sont nécessaires. Certains commentaires s'imposent pour mieux comprendre ce qui justifie ces directives. Plusieurs remarques vous permettront de tenter d'adapter ces conseils à votre vie quotidienne.


30 minutes à 1 heure par séance :


Souvenez-vous, pour ne pas agressez le cœur, il faut prévoir un échauffement d'une dizaine de minutes et un retour au calme progressif d'une durée voisine. Le temps de travail continu à intensité requise oscille entre 10 et 40 minutes. Un petit quart d'heure est nécessaire pour stimuler les adaptations cardiaques. Au delà d'une bonne demi-heure, une fatigue générale peut s'installer, alors que cet effort prolongé n'apporte aucun bénéfice supplémentaire . Le muscle s'appauvrit en énergie, le corps surchauffe, se déshydrate et perd des minéraux : le cœur ne fonctionne plus dans de bonnes conditions.



3 entraînements par semaine :


La fréquence proposée est optimum. Le concept de "décompensation / surcompensation" permet de bien le comprendre. Cette théorie régit de nombreux principes d'entraînement. A l'issue d'une séance, vous êtes fatigué, vous avez régressé, on dit que vous êtes victime d'une décompensation. A la faveur d'un repos bien mérité, votre corps se régénère : c'est la récupération. Enfin, comme pour prévenir une nouvelle agression physiologique, votre organisme prend soin de se réparer un peu plus fort : c'est la surcompensation. Ainsi, de proche en proche, un entraînement bien mené vous permet de progresser !


SCHEMA 1


Les week-end hyper-sportifs pour tenter de palier à une longue semaine de sédentarité se révèlent inutiles, voire dangereux. Alors que votre préparation physique est inadaptée, vous retrouvez les conditions délétères d'un exercice trop prolongé. Au delà du surmenage cardiovasculaire, la fatigue perturbe votre vigilance et votre coordination. L'entorse ou la fracture vous guettent. Avec ou sans plâtre, vous somnolerez au bureau en ce début de semaine, atteint d'une "maladie du lundi" particulièrement aiguë ! De plus, avec une séance par semaine vous ne progressez quasiment pas ! Malgré une profonde décompensation, le corps surcompense en milieu de semaine puis se désentraîne ! Insidieusement, il réadapte vos capacités physiologiques aux contraintes de milieu de semaine. Vous voilà apte à arpenter les couloirs du métro !


SCHEMA 2


Un entraînement trop fréquent ne constitue pas la panacée, au contraire ! Avec une séance quotidienne la surcompensation risque fort de ne pas avoir le temps de se produire. Ainsi, vous reprenez votre effort alors même que vous n'avez pas récupéré de la veille. Jour après jour, vous cumulez les décompensations et vous régressez ! C'est le surentraînement. De surcroît, vous devez gérer votre activité professionnelle et familiale. Les conditions de récupération ne sont pas idéales et le processus s'installe insidieusement. Vous pensiez que seuls les sportifs de haut niveau pouvaient être victimes de surentraînement. Détrompez vous ! Ils savent qu'entraînement et récupération sont indissociables. Leur mode de vie tourne autour de la "régénération". Ils connaissent l'allégation provocatrice : "On progresse au repos".


SCHEMA 3


Avec trois séances bien réparties dans la semaine, la cadence est idéale. Vous vous reposez un jour sur deux. Vous progressez doucement et vous assumez sans difficulté vos responsabilités professionnelles, sociales et familiales. Mieux encore, avec cet entraînement , vous supportez plus aisément les contraintes physiologiques inhérentes avec une vie quotidienne chargée. Vous gagnez en dynamisme ! Les bienfaits de cette fréquence d'entraînement sont une réalité physiologique. L'abaissement du mauvais cholestérol, permis par la consommation de graisse lors de l'exercice, persiste environ 48 heures. Après l'effort, le muscle a besoin de beaucoup de sucre pour reconstituer ses réserves. La demande musculaire dure environ deux jours et évite toute élévation intempestive du taux de glucose dans le sang.


Vous devez vous entraîner, en continu, à environ 75% de vos capacités cardiaques :


C'est l'intensité proposée en fin de réadaptation cardiovasculaire après un infarctus. Au cours de ce type d'effort, le rythme respiratoire augmente légèrement mais vous n'êtes pas essoufflé. Il vous est possible de converser mais les phrase énoncées d'une traite ne dépassent pas 6 à 8 mots. Si vous possédez un cardiofréquencemètre, la montre indiquant votre fréquence cardiaque, il vous est possible de vous en servir.


Votre fréquence cardiaque maximum est, en théorie, de 220 - âge en année. Si vous avez 40 ans, elle atteint 180. Votre intensité de travail optimum se situe donc à 180 X 0,75 soit 135 battements par minute. En pratique la fourchette 130 à 140 convient parfaitement. N'hésitez pas à faire le calcul en utilisant exactement votre âge :


FC max = 220 - âge en année =


FC de travail = FC max X 0,75 = + ou - 5 battements par minute.


Si vous avez passé une épreuve d'effort, vous pouvez employer votre véritable fréquence cardiaque maximum. Vous la connaissez puisque vous l'avez atteinte à l'issue du sprint final. Votre entraînement est alors plus précis car ce résultat se révèle parfois nettement différent du chiffre théorique.


En deçà de cette fourchette, le travail cardiaque se montre insuffisant pour provoquer les adaptations nécessaires. Une intensité supérieure n'apporte pas plus de bénéfice cardiovasculaire. Au contraire, la stimulation du cœur n'est pas dépourvue de risque. Souvenez-vous, les morts subites du sportif surviennent essentiellement lorsque l'exercice dépasse 85% des capacités.


Bien sûr, l'effort doit être constant et régulier. Les "à coups" provoquent des décharges d'adrénaline et des variations brutales du rythme cardiaque peu favorables à la santé du cœur.


Il faut pratiquer les sports d'endurance, classiquement : le jogging, le vélo ou la natation.


Comme au cours de la réadaptation après infarctus, les sports sollicitant longtemps et à intensité moyenne de grosses masses musculaires sont conseillés. Grâce aux activités utilisant les membres inférieurs, le cœur s'entraîne à propulser plus de sang. Nager, pédaler et courir sont les activités de base pour garder la forme !


Bien sûr, le cardiotraining sur appareil se montre également parfaitement adapté. Rien ne vous empêche de vous inscrire dans une salle de fitness à la mode. Vélo, tapis de course, mais aussi stepper, rameur et autres simulateurs sont bénéfiques à votre santé cardiovasculaire. Veillez à vous hydrater correctement car, en vous entraînant à l'intérieur, vous transpirez abondamment. Buvez deux à trois gorgées d'une boisson de l'effort, bien diluée, toutes les dix minutes. Si le lycra fuchsia et échancré de votre voisine vous perturbe plus qu'il ne vous stimule, optez pour un vélo d'appartement. En toute sérénité, devant votre émission de télévision préférée, il vous est possible d'effectuer le même type de séance.



Peut-on pratiquer différemment le sport pour renforcer et protéger son cœur ?


Le gymnastique d'entretien et la musculation


Le renforcement musculaire a mauvaise réputation. La pratique du body-building n'entraîne pas correctement le système cardiovasculaire. Pendant de courtes périodes, le cœur pousse violemment le sang. Il tente de traverser les faisceaux écrasés dans les masses musculaires puissamment contractées. Souvent, cette pratique occasionne des hypertensions artérielles.


Cependant, en 1989, le docteur Kelemen met en évidence l'intérêt de la musculation pour le cœur. Pour en obtenir les effets bénéfiques, quelques adaptations s'imposent. Il est nécessaire d'utiliser des charges légères et d'effectuer des séries longues d'environ 30 répétitions. A la fin de chaque exercice, Il est préférable de ne pas trop s'arrêter et il faut changer d'appareil ou de mouvement. Ainsi, les muscles ne s'épuisent pas et le cœur continue à travailler en douceur. Le sang est aspiré par l'alternance de contraction modérée et de décontraction des masses musculaires sollicitées. Ce type d'entraînement, la gym d'entretien et l'aquagym, permettent une adaptation spécifique du système cardiovasculaire aux contraintes inhérentes à certaines activités quotidiennes. . Ainsi, en revenant du supermarché, vous videz votre voiture avec une aisance déconcertante. Les pack d'eau et les bouteilles de lait jaillissent du coffre pour s'éjecter jusqu'au placard de la cuisine. Même en cours de la réadaptation post-infarctus les exercices de gymnastique prennent une place de choix. Grâce à un renforcement musculaire bien mené, après sa crise cardiaque, le patient n'est plus un handicapé, il reprend une vie normale !


… et la marche ?


Vous pensez, voire même vous revendiquez : "je ne fais pas de sport mais je marche beaucoup". Peut-on remplacer la course par la marche ? Peut-on compenser le manque d'intensité d'une activité par une augmentation de sa durée ?


C'est vrai, la marche est une activité physique facile et spontanée. Nul besoin d'équipement spécial ni d'apprentissage technique. Il est même possible de l'utiliser comme mode de déplacement. Il s'agit peut-être d'un bon moyen pour gagner du temps au sein d'un agenda surchargé.


Pour s'adapter aux contraintes sociales de chacun, pour tenter d'intégrer au mieux l'effort physique à la vie quotidienne, les scientifiques se devaient d'évaluer l'efficacité de la marche à pied dans la prévention des maladies coronariennes. Le verdict est tombé. Pour renforcer votre cœur, vous pouvez marcher … mais il faut y consacrer 1h30 par jour ! Jetez vos tickets de transport en commun, cachez les clés de votre voiture, allez travailler à pied et essayez de remplir le contrat ! Si vous souhaitez gagner du temps, une activité sportive, plus intense, effectuée 30 minutes, 3 fois par semaine, se montre plus rentable !


Bien sûr, la marche garde un rôle essentiel dans la prévention de la crise cardiaque ! Le week-end, rien ne vous empêche de changer votre jogging solitaire en une belle randonnée en famille ! Même une courte promenade peut se révéler utile. Le professeur Delaye propose même à ses patients de marcher 20 minutes, 2 fois par semaine ! Malgré les apparences, toutes ces informations sont cohérentes ! Pour justifier ces différences d'opinions et pour éviter toute querelle d'école, il faut comprendre la notion d'entraînement.


L'exercice est salutaire et source de progrès lorsqu'il impose à l'organisme une contrainte physiologique dont il n'a pas l'habitude. Ainsi, le sédentaire fanatique, passionné de jeux télévisés, bénéficie d'une courte marche bihebdomadaire. A l'inverse, le marathonien préparant les Jeux Olympiques régresse s'il se cantonne à 3 sorties d'une heure dans la semaine ! Il faut une "décompensation" pour provoquer une "surcompensation" !


Ainsi, individualité et progressivité sont deux principes fondamentaux pour gérer au mieux son activité sportive. Le programme doit être adapté à la santé et à la condition physique de chacun. Puis, elle s'intensifie peu à peu, en fonction des progrès réalisés. Se déplacer régulièrement à pied se révèle parfois suffisant chez certains patients âgés, victimes de maladie cardiovasculaire évoluée. Enfin, la marche est un passage obligé pour tous ceux qui souhaitent reprendre le sport ! Si chaque jour, votre effort maximum consiste à prendre l'ascenseur pour rejoindre votre voiture située dans le parking souterrain de votre immeuble, vous ne pourrez pas assumer les fameuses "trois fois trente minutes par semaine à 75% des capacités cardiaques". Même après avoir fait confirmer votre bonne santé par votre médecin préféré, la première étape de vos bonnes résolutions passe par plus de mouvement dans votre vie quotidienne ! Marchez, montez les escaliers … passez l'aspirateur, faites les carreaux . Le dimanche, baladez-vous plus longtemps, ayez un pas plus actif, puis, progressivement, alternez marche et trottinement. Trois à quatre semaines plus tard, faites-le deux fois par semaine. A deux mois de ce nouveau départ, vous voilà apte à suivre le fameux programme !


… se déplacer à vélo !


L'homme a inventé cette merveilleuse machine à deux roues pour économiser son énergie ! Ainsi, la vitesse est plus élevée et l'effort plus modéré. De nombreuses jeunes femmes sillonnent les rues de la cité sur des vélos hollandais munis d'un ravissant petit panier en osier. Malheureusement, en pédalant ainsi, jupe et chevelure au vent, elles n'atteignent pas 75% de leurs capacités cardiaques. A l'inverse, certains furieux franchissent les carrefours le nez dans le guidon. Ils se situent sûrement dans la fourchette d'intensité requise pour préserver leur cœur. Néanmoins les automobilistes qui tentent de les éviter pensent qu'ils feraient bien de ralentir pour préserver leur santé ! Bref, la ville n'est pas l'endroit pour faire du sport à vélo. Aller travailler ou faire ses courses à bicyclette sollicite le cœur comme une balade à pied. Pour entraîner votre système cardiovasculaire, il faut y consacrer 1h30 par jour !


… et le roller


La situation est comparable au vélo. Il y a "roller et roller" comme il y a "bicyclette et cyclisme" ! En ville, pour des raison de sécurité, il est difficile d'atteindre et de maintenir l'intensité souhaitée. Heureusement, dans notre capitale, de grandes randonnées fermées à la circulation sont désormais organisées ! C'est l'occasion rêvée d'aller faire du sport à roller ! Le retraité hyperactif se laisserait bien tenter par cette pratique dont l'image branchée colle bien à son dynamisme légendaire. Le vendeur l'a encouragé : "c'est bien mieux que la course à pied, vous préservez vos articulations. Vous roulez et vous évitez les impacts de chaque foulée !". Pour lui qui souffre un peu d'arthrose, voilà qui semble idéal ! Le commerçant a quand même pris soin d'ajouter à la note l'indispensable équipement de sécurité ! Notre senior préservant sa santé, enfile son casque, ses protège-poignets, ses coudières et ses genouillères. Déguisé en chevalier des temps modernes, il enfourche ses patins pour tenter de les dompter ! A l'attaque ! les rollers partent devant ! les fesses restent en arrière ! notre senior tombe sur la hanche … et se casse le col du fémur !


Le golf


Le golf est à rapprocher de la marche à pied. Cependant, l'activité est trop discontinue pour solliciter harmonieusement le cœur. Pour ses adeptes d'âge mûr, cette discipline cache quelques dangers sournois. Grimper une côte en tirant son caddie impose parfois au cœur du senior une intensité de travail déraisonnable. Enfin, il s'agit d'un sport de compétition. Nos fiers retraités voient souvent leur fréquence cardiaque s'emballer lors des derniers coups réalisés sur le green. Même les professionnels le perçoivent. Ils n'hésitent pas à dire : "Swing is show, putting is money ! "



La natation,


En se déplaçant à pied, il existe une nette modification du geste lorsque l'effort s'intensifie : la marche se transforme en course. A la piscine comme sur un vélo, le mouvement reste identique. Là encore , si vous souhaitez vous contenter de 30 minutes d’entraînement, veillez à soutenir une allure provoquant une légère augmentation du rythme respiratoire.


… courir en ville !


Le ciel pollué vous inquiète. Vous pensez : " A respirer ces cochonneries, je perds tout le bénéfice "santé" de mon entraînement ". Le professeur Aubier, pneumologue à l'hôpital Bichat de Paris et le docteur Quenel du réseau national de santé publique s'accordent pour préciser : " La pollution doit être considérée comme un "cofacteur" de risque coronarien". La mauvaise qualité de l'air ambiant ne peut pas provoquer, à elle seule, une obstruction insidieuse des artères du cœur. Cependant, en cas de lésion préexistante, elle peut favoriser la survenue de crise cardiaque.


Les gaz toxiques augmenteraient la viscosité sanguine, favoriseraient la formation de caillots. De plus, le monoxyde de carbone sorti des pots d'échappements … et surtout inhalés à pleines bouffées par le fumeur, perturbe l'oxygénation musculaire et cardiaque. Sa formule chimique est CO ou C=O. Elle ressemble étrangement à celle de l'oxygène O2 ou O=O. Même les globules rouges se trompent et transportent le monoxyde de carbone à la place de l'oxygène. Arrivé au muscle, ce gaz est inutile. Pire encore, il reste accroché à son transporteur qui ne pourra plus jamais véhiculer l'oxygène !


C'est vrai, lorsque le taux de pollution s'élève en milieu urbain, le nombre de patients accueillis aux urgences augmente . Mais, il s'agit essentiellement d'asthmatiques, d'insuffisants respiratoires, d'enfants de moins de 8 ans, de personnes âgées ou de cardiaques connus . Ces "groupes sentinelles" avertissent le reste de la population que "l'indice de qualité de l'air" est devenu "médiocre" ou "très médiocre" .Dans nos grandes villes, cette cote d'alerte est atteinte pendant quelques heures environ 30 jours par an .


Dans ces circonstances le coureur de fond parisien en plein santé peut ressentir quelques irritations des voies respiratoires, responsables parfois de toux . Ces symptômes sont minimes mais les études destinées à déceler d'éventuelles conséquences à long terme de cette exposition sont en cours ! Dans les mêmes conditions, le joggeur présentant, sans le savoir, des plaques de graisse dans ses artères peut théoriquement "décompenser" et être victime d'un accident cardiovasculaire grave !


Pour atteindre ce niveau de pollution, il faut associer un "jour à risque", un "horaire à risque", parfois aggravé d'un "lieu à risque" :


Les jours à risque réunissent deux caractéristiques :


- "Un régime climatique haute pression" encapsulant la ville et empêchant l'échappement des gaz ... Cette situation se produit en été, lorsque l'anticyclone des Açores nous assomme par sa canicule mais aussi, et surtout, en hiver, quand l'anticyclone sibérien répand sur l'Europe de l'ouest un froid sec figeant les émanations toxiques à proximité du sol .


- une circulation automobile particulièrement dense : grève des transports en commun, "grands départs" en vacances ou en week-end.


Les horaires à risques dépendent de l'intensité du trafic et sont différents selon la saison et le polluant ! La ville et ses périphériques s'embouteillent toujours en début de matinée, de 7 à 9 h environ, puis en fin d'après-midi et jusque tard le soir, de 17 à 20h au moins. C'est à ces heures que le monoxyde de carbone envahit l'air ambiant . Il provient pour beaucoup de la combustion incomplète des carburants automobiles. Souvenez vous, sa formule chimique est CO. Elle est légèrement différente de celle du classique gaz carbonique : CO2. Sur le monoxyde de carbone, il manque un atome oxygène car trop d'essence arrive dans le moteur. Vous comprenez pourquoi les véhicules anciens et mal réglés, les voitures en starter en sont de gros producteurs. En hiver, le dioxyde d'azote (NO2), est le polluant principal . Il apparaît environ 3 heures après le rush automobile et se disperse difficilement puisque le temps froid fige les gazs au sol . En été, c'est l'ozone (O3) qui demeure le plus toxique . Il irrite les voies respiratoires et diminue la puissance maximum du sportif en perturbant la ventilation pulmonaire . Il est issu de la transformation des gazs d'échappement sous l'action du soleil . C'est donc aux heures chaudes, soit de 13 à 20 heures, que sa concentration dans l'atmosphère urbaine augmente .


En pratique, évitez le jogging du midi ou du soir. En été, cette consigne concerne surtout le footing de la mi-journée à cause de l'ozone ... et de la chaleur. En hiver, si possible, abstenez-vous de courir le soir à cause de dioxyde d'azote . Courez plutôt le matin, avant 7 heures ou très tard, après 22 heures .


Les lieux à risque sont évidement le siège d'une circulation automobile dense. Fuyez les grands axes, recherchez les petites rues calmes, les parcs, les forêts et le bord des fleuves. Cependant, quelques subtilités viennent compliquer ces notions évidentes !


Attention aux voitures cachées ! Pour exemple, le parvis piétonnier de la Défense, à Paris, est encerclé par son boulevard circulaire et miné par son tunnel, si bien que la pollution locale équivaut à celle des principales avenues parisiennes. Il en est de même au bord de la seine, à proximité des voies sur berge !


Dans cette petite rue, lorsque le camion s'arrête pour livrer l'épicier, les voitures qui le suivent restent bloquées . Elles sont encore en "starter" en ce petit matin frileux et crachent leurs déchets de combustion juste sous votre nez .Vous seriez mieux sur les larges trottoirs des Champs Elysées.


Les gaz se dispersant rapidement, c'est à proximité du lieu d'évacuation que le risque augmente particulièrement . C'est ainsi que les individus à roulettes sont les plus exposés à la pollution par le monoxyde de carbone. Il s'agit des automobilistes coincés dans les embouteillages, bien sûr, qui, heureusement, ne fournissent aucun effort. Ce sont également les cyclistes enlisés dans la circulation, qui, eux, augmentent leurs ventilations pulmonaires. Et enfin ce peut être les enfants en poussettes, respirant à hauteur des pots d'échappement .


Du coté ensoleillé de la rue, l'air se réchauffe et s'élève, attirant les gaz des voitures voisines . Courez à l'ombre !


Sachez que l'air pollué de la capitale est balayé par les vents dominants . Le plus souvent, ils s'orientent d'ouest en est . Le bois de Boulogne est alors préférable au bois de Vincennes.


N'oubliez pas que toutes ces consignes de prudence concernent quelques jours à risque dans l'année . Alors, aujourd'hui, allez courir dans les rues de votre ville !



Le tennis


Le tennis n'est pas le sport idéal. En match, vous enchaînez les brusques accélérations et l'intensité de l'effort est imposée par l'agressivité de votre adversaire. Le temps réel de jeu ou "TRJ"' a été particulièrement étudié. Compte tenu des longs arrêts, il se révèle nettement inférieur à la durée de la partie. Ainsi, le "TRJ" des meilleurs joueurs mondiaux est d'environ 9 minutes par heure de compétition ! Même à niveau plus modeste, il faut jouer longtemps pour solliciter suffisamment son cœur ! Chez le débutant, la pratique du tennis avoisine la gym d'entretien : le joueur enchaîne les flexions pour ramasser les balles dispersées sur le court ! Cependant, en l'absence de contre-indication, il ne saurait être déconseillé à l'adulte jeune. Encore faut-il qu'il ne s'intègre pas aux "tarzanneries" du week-end. Une pratique régulière s'impose. Si vous ne faites qu'un entraînement hebdomadaire, il faut garder la forme dans la semaine à l'aide de deux autres activités !


Enfin, 20% des pratiquants ont plus de 50 ans. Chez ces sportifs d'âge mûr quelques précautions et conseils sont nécessaires. Bien sûr, un avis cardiologique est indispensable. De plus, Il faut éviter les compétitions et jouer en double. Dès qu'une balle est fausse … ou trop difficile à rattraper, le senior en récupère une dans sa poche et relance en douceur … sans compter les points. Ainsi, le tennis devient plus régulier et se rapproche d'une discipline d'endurance. Dans ces conditions, ce sport devient favorable à la santé cardiovasculaire, tout en étant ludique. Il entretient la force musculaire et la coordination.


Voici quelques propositions d’activités sportives tout au long de la semaine pour garder la forme et protéger son cœur !


Du lundi au vendredi , 2 séances sont nécessaires. Ce peut-être :



- un footing de 30 minutes à 1 heure … de préférence matinal si vous habitez en milieu urbain.


ou


- du vélo pendant 30 minutes à 1 heures à bonne allure. En ville, le vélo d’appartement devant la télévision ou en écoutant votre musique préférée paraît plus adapté.


ou


- de la natation. Souvent, les piscines ouvrent de bonne heure. Parfois, elles ferment tard le soir. Enfin, vous pouvez vous glisser dans l’eau pendant l’heure du déjeuner. Un maillot et une serviette entrent aisément dans un petit sac que vous emmenez au travail.


ou


- du cardiotraining en salle : stepper, rameur, tapis de course et vélo sont à votre disposition pour vous entraîner. N’hésitez pas à changer d’appareil toutes les dix minutes ou à chaque séance !


ou


- les parcours de musculation légères ou circuit training sont les bienvenus. Ils sont réalisables en salle sur machine ou à la maison avec une paire d’haltères et un banc. En enchaînant les séries longues et en utilisant des charges modérées, vous sollicitez votre cœur en douceur et, surtout, vous renforcez votre appareil locomoteur. Pour les plus assidus, cette séance peut être programmée en plus. Classiquement, elle a lieu le samedi alors qu’une activité à prédominance cardiovasculaire est programmée le dimanche. En alternant le thème essentiel du travail physique, deux entraînements consécutifs sont possibles, d’autant que le week-end vous laisse, habituellement, plus de repos !


Vous l’avez compris, il est bon de varier les activités. En changeant de discipline, votre corps travaille différemment, vous répartissez mieux les contraintes entre les articulations. L’exemple le plus démonstratif concerne la natation et la course à pied. Nager sollicite particulièrement les bras et les épaules alors que les membres inférieurs ne supportent pas le poids du corps. A l’inverse, en courant, les jambes vous propulsent à chaque réception sur le sol alors que les membres supérieurs se balancent aisément. Si le surlendemain de la piscine vous prévoyez un footing, votre cœur poursuit son entraînement alors que le haut du corps se repose. En alternant natation et jogging, vous réduisez le risque de douleur musculaire ou articulaire, vous poursuivez plus assidûment votre entretien cardiovasculaire. Les scientifiques parlent d’ « entraînement croisé » pour décrire cette méthode qui divise les risques et multiplie les bénéfices !


En cas d’incontournable difficulté d’organisation pendant la semaine, un entraînement reste indispensable entre le lundi et le vendredi. Dans ce cas, deux activités sont prévues le week-end. Elles sont de préférence différentes pour faciliter la récupération. C’est l’occasion idéale d’enchaîner « musculation légère » ou « piscine » le samedi et « footing » le dimanche.


Le week-end, il est, bien sûr, possible d’effectuer le même type de séance que celles décrites précédemment. En 30 minutes à 1 heure, vous voilà « débarrassé » ! Place au farniente régénérateur, à la culture … ou à la randonnée dans votre hypermarché préféré. Attelé à votre caddie, vous assumez les joyeuses contraintes logistiques inhérentes à ces jours de « repos » ! Pour vous , le week-end n’est peut-être pas le moment opportun pour intensifier votre activité sportive !


En revanche, si vous le souhaitez, une préparation physique régulière dans la semaine, vous permet d’assumer aisément un week-end plus mouvementé. Si votre médecin n’y voit aucune contre-indication, place aux activités plus intenses et plus ludiques. C’est, par exemple, le moment de faire :


du tennis. Soyez raisonnable dans la durée ! Ne passez pas la journée sur le court, pensez à la terrasse ombragée du club-house pour récupérer et boire un verre !


du football entre copains … pourquoi pas ! Veillez à l’échauffement, à l’hydratation et au « retour au calme ». Pour vous donner la cadence, vos sensations vous guident plus que les encouragements de vos coéquipiers !



Vous pouvez aussi faire du sport plus longtemps. Le week-end, c’est l’occasion :


- des grandes balades à vélo. Que vous choisissiez cyclisme sur route ou VTT, une séance de 2 à 3 heures est tout à fait possible. Optez pour le travail en aisance respiratoire, ne vous explosez dans les côtes. En famille, n’hésitez pas à prévoir une pause ou un pique nique. Monsieur, pour éviter de piaffer d’impatience en tête du cortège, assumez le siège bébé et l’agitation de son pensionnaire.


- des randonnées pédestres. Là encore, cette activité se prête bien à une sortie familiale. Votre épouse est plutôt branchée Art Roman, choisissez avec elle un parcours jalonné d’églises. Attention, il faudra daigner vous arrêter, les visiter et éventuellement vous pâmer d’admiration face à ce vitrail refait à l’identique ! Quant à la grande qui tolère de moins en moins les conversations ringardes de ses parents, elle peut rester enfermée sous son Walkman pour écouter son Hard-Rock préféré. Enfin, si vous portez le lourd sac à dos chargé de victuailles, le petit dernier sera fier de vous doubler dans les côtes.


Riche de ces quelques suggestions, vous pouvez désormais vous concocter un programme à votre goût. Grâce à ces quelques conseils, il est source de santé, de bien-être et de dynamisme !


De plus, grâce à cette préparation régulière, vous assumez aisément des périodes sportives plus intenses. Offrez-vous un stage de tennis, partez sans crainte pour une semaine de sports d'hiver, vous êtes prêt physiquement. Cependant, n'oubliez pas de lever le pied au cours de la troisième journée; Classiquement, un grand nombre de blessures ou d'accidents surviennent à ce moment. Mieux vaut jouer au Scrabble au coin du feu ! Après 2 jours d'activité physique soutenue, vous êtes relativement fatigué. Après une phase de récupération relative, vous surcompensez et vous bénéficiez de l'entraînement de ce début de séjour. Vous terminez vos vacances … et vous reprenez votre travail en pleine en forme !


Pendant combien de temps faut-il effectuer un tel programme pour être en forme ? Les réponses apportées par la recherche sont unanimes : il faut continuer toute la vie ! Voilà qui est plutôt agréable à entendre : vous êtes invité à poursuivre une activité physique adaptée à vos capacités le plus longtemps possible !


Arrêtez-vous complètement trois semaines et votre condition physique régresse dangereusement. Elle chute bien plus vite qu'elle ne s'est améliorée. Les études montrent qu'après deux ans de préparation assidue, il suffit d'un petit mois d'oisiveté pour que de nombreux paramètres physiologiques rejoignent ceux du sédentaire que vous étiez ! Ainsi, au cours de cette période de "désentraînement", les usines chimiques musculaires destinées à produire l'énergie, les "enzymes aérobies", retrouvent leur taux de base ! Cependant, après une longue saison sportive, la fatigue s'installe. Le repos prend alors de nouvelles vertus. Il devient source de "surcompensation" et de progression. Là encore, on sait que le sportif de compétition ne doit pas s'arrêter totalement plus de 10 à 12 jours, sous peine de transformer la régénération en régression. Ensuite, il est préférable qu'il enchaîne avec des activités physiques plutôt ludiques, moins intenses et différentes de sa discipline de prédilection. A l'issue de cette phase de "récupération active", il reprendra sa préparation spécifique.


Arrêtez-vous complètement 6 mois et vous dilapidez la totalité de vos avantages cardiovasculaires ! Bien sûr, tous les paramètres de la condition physique sont au plancher. Mais, surtout, vous avez perdu toute la protection cardiaque dont vous bénéficiiez. Les antécédents de pratique sportive, même à haut niveau, ne sont pas des facteurs de prévention cardiovasculaire … au contraire ! Le médecin du sport est victime d'une certaine appréhension lorsqu'un ancien athlète souhaite reprendre du service après quelques années d'inactivité ! Bercé par ses souvenirs de jeunesse, notre quadragénaire est trop souvent tenté de retrouver le rythme de ses 20 ans. Son cœur de sédentaire vieux de quatre décennies risque fort de ne pas apprécier ! Michel Jazy fut médaillé d'argent aux 1500 mètres lors des jeux Olympiques de Rome en 1960. Des années de sédentarité plus tard, il a été victime d'un infarctus et opéré du cœur ! A l'inverse, Alain Mimoun, champion Olympique sur marathon à 37 ans est toujours resté enthousiaste à l'entraînement. Il n'a jamais cessé de courir. A près de 80 ans, il se porte comme un charme et termine en trottinant les courses populaires de la région parisienne ! De nouveau le message est plein d'optimisme ! Le sport est efficace, l'activité physique est un placement particulièrement fructueux ! Ayez une activité physique régulière et vous en récolterez les bénéfices au quotidien. Restez sédentaire et le montant du paiement différé risque fort de vous paraître astronomique !


Alors que j’étais interne au sein du service de médecine du sport d’un grand hôpital parisien, j’accueille un patient. Malgré une légère boiterie, il se montre souriant et roule un œil goguenard ! Il ne fait pas les soixante ans que mentionne sa fiche médicale. Avec son short et ses jogging, notre sympathique «senior » arbore plutôt un look sportif. Je le vois sans rendez-vous, c’est un pistonné du patron. Il vient de se faire mal au mollet alors qu’il allongeait la foulée dans les allées fleuries de ce gigantesque centre hospitalier. Il travaille dans un bâtiment voisin, il s’agit un grand chercheur. Il a consacré sa vie à la « pathologie athéromateuse », vous savez, l’obstruction partielle des artères par des plaques de graisse. Après avoir pris en charge sa petite élongation musculaire, je ne le laisse pas se sauver sans lui avoir posé la questions qui me tient à cœur : « Alors, où en est-on concernant les modalités de l’activité physique, facteur de prévention des maladies cardiovasculaires ? » . A son âge, la rigueur scientifique côtoie une certaine forme de philosophie. Il me répond sans hésitation : « Pour doser au mieux son activité physique et protéger son cœur, un critère est à respecter absolument : le plaisir ! »

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