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LE SCIENTIFIQUE DEVENU PHILOSOPHE

Alors que j’étais interne au sein du service de médecine du sport d’un grand hôpital parisien, j’accueille un patient. Malgré une légère boiterie, il se montre souriant et roule un œil goguenard ! Il ne fait pas les soixante ans que mentionne sa fiche médicale. Avec son short et ses joggings, notre sympathique « senior » arbore plutôt un look sportif. Je le vois sans rendez-vous, c’est un pistonné du patron. Il vient de se faire mal au mollet alors qu’il allongeait la foulée dans les allées fleuries de ce gigantesque centre hospitalier. Il travaille dans un bâtiment voisin, il s’agit d’un grand chercheur. Il a consacré sa vie à la « pathologie athéromateuse », vous savez, l’obstruction partielle des artères par des plaques de graisse responsables des crises cardiaques.






Après avoir pris en charge sa petite élongation musculaire, je ne le laisse pas se sauver sans lui avoir posé la question qui me tient à cœur : « Alors, où en est-on concernant les modalités de l’activité physique, facteur de prévention des maladies cardiovasculaires ? ». À son âge, la rigueur scientifique côtoie une certaine forme de philosophie. Il me répond sans hésitation : « Pour doser au mieux son activité physique et protéger son cœur, un critère est à respecter absolument : le plaisir ! »


Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.


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