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LE PRP NE SUFFIT PAS …

  • secretariatdocteur4
  • 22 juil. 2025
  • 6 min de lecture

Par le Docteur Stéphane, médecin du sport

Rédacteur en chef de www.docdusport.com

 

Les injections de plaquettes ou PRP sont comparables à une colle biologique. Ce traitement est intéressant pour l’arthrose, les tendinites ou les entorses. Mais cette option thérapeutique ne suffit pas ! Il est indispensable de guider la cicatrisation !

 

L’acronyme PRP signifie Plasma Riche en Plaquettes. Les plaquettes sont de toutes petites cellules de votre sang. Elles ont pour mission de s’agglutiner sur les plaies et les lésions plus profondes. Elles bouchent les trous et participent à la formation du caillot. Elles attirent des cellules souches qui savent reconstituer tous les organes.

 

OUBLIEZ LE PRP

OPTEZ POUR LE PRPRRRRRRRRRRRRRR

 

Elles libèrent des facteurs de croissance, des molécules qui activent la synthèse de protéines reconstructrices. Malgré cette puissance biologique, nous sommes encore loin d’une cicatrisation complète et de la restauration d’un tissu fonctionnel. Pour une réelle efficacité, votre PRP se doit de devenir un PRPRRRRRRRR … R comme Repos, Régénération, Rééducation, Réadaptation, Reconditionnement, Reprise du sport … incluant aussi quelques Revoir le doc du sport pour ajuster la Remise en contrainte …


 

Repos, Récupération, Régénération !

 

Les plaquettes vivent 12 à 13 jours. Pendant cette période, il faut les laisser travailler afin qu’elles construisent le pont cellulaire et moléculaire qui comblera la lésion et reliera les zones saines. Dans cet article, nous prendrons l’exemple d’une tendinite d’Achille où les plaquettes auront été injectées dans une fissure séparant l’éventail des fibres verticales. Cependant, les étapes biologiques sont les mêmes pour toutes les lésions. De fait, après ce geste réalisé sous échographie, il est recommandé de rejoindre domicile accompagné en voiture ou en taxi.

 

J0 J5 

INFLAMMATION DETERSION

REPOS

 

Il est possible d’utiliser les transports en commun en évitant l’appui sur la jambe soignée grâce à l’utilisation de béquille. Pendant les 5 jours qui suivent, il est recommandé de marcher un minimum. Un week-end associé à du télétravail constitue une option organisationnelle idéale. Au cours de cette période, les plaquettes restaurent un climat biologique inflammatoire qui stimule la cicatrisation épuisée de cette blessure devenue chronique. Les douleurs parfois ressenties sont plutôt caractéristiques d’une bonne réaction tissulaire … mais encourage spontanément à l’accalmie motrice 😊 Notez bien que, malgré la gêne, il ne faut pas prendre d’anti-inflammatoire qui viendraient bloquer la restauration d’un processus naturel bénéfique. Seul le paracétamol est le bienvenu.  Les passionnés et les addicts peuvent faire de la musculation des membres supérieurs. La natation avec pull boy n’est pas conseillée. La petite plaie provoquée par l’aiguille se ferme complètement en 3 à 7 jours, il vaut mieux éviter les bactéries de la piscine municipale !   A partir du 5ème jour, l’inflammation s’apaise et le nettoyage des vieux débris cicatriciels se termine. De nouvelles fibres de collagène armaturent le clou plaquettaire. De fait, il est possible de renouer avec le mouvement.

 

J5 J10

CLOU PLAQUETTAIRE

MULTIPLICATION DES FIBRES

VELO FIXE MOULINE

 

Jusqu’au 10ème jour, vous pédalez 10 à 30 minutes sur vélo fixe. Contrairement à la course, le vélo n’impose aucune réception, aucun freinage musculaire qui écartèle le tendon. On parle de contraction concentrique en cyclisme et excentrique en running. Mieux encore, en poussant sur les pédales, la contrainte peut être largement inférieur au poids de corps. De surcroît, en salle ou à domicile, il est possible de doser la résistance avec subtilité et humilité. Après 10 jours, le clou tissulaire est constitué. L’ensemble des facteurs de croissance est libéré. Il est possible d’augmenter un peu les sollicitations mécaniques.

 

Réadaptation, Reconditionnement, Rééducation !

 

A partir de 10 jours et jusqu’au 21ème, le corps enclenche un phénomène tissulaire appelé « prolifération ». Les cellules responsables de la production des fibres, les fibroblastes, se multiplient et remplacent progressivement l’agrégat de plaquettes. De nouvelles molécules de collagène sont produites. Elles s’accumulent et consolident le cal … mais elles restent enchevêtrées et peu spécifique du tendon rendant la cicatrice encore rigide et fragile. De fait, un compromis biomécanique est nécessaire. Il est possible d’intensifier la travail concentrique de poussée tout en évitant la contraction excentrique de freinage.

 

DE J10 A J21 

PROLIFERATION DES CELLULES

VELO PLUS LONG PLUS INTENSE, ELLIPTIQUE COOL

 

En pratique, il est recommandé d’intensifier et de prolonger l’entrainement à vélo. Seuil puis fractionnés sur home-trainer et sorties longues s’intègrent désormais au programme. Parallèlement, l’elliptique en aisance respiratoire est le bienvenu. Il permet de renouer avec une gestuelle proche de la course en évitant les réceptions et la totalité du poids de corps. Bien évidemment, la natation est praticable, aussi bien brasse que crawl !  On peut ajouter un peu de rééducation notamment des massages doux et des mises en tension bienveillantes.

 

Réhabilitation, Réconciliation, Reprise de la course …

 

De la troisième à la sixième semaine, s’opère le remodelage. On parle aussi de d’organisation tissulaire ou de mécanisation de la cicatrice. Le collagène produit est désormais spécifique du tendon. Les cellules produisent maintenant de l’élastine, une fibre complémentaire reliant les travées de fibres solides afin d’assurer un processus de glissement plus souple. Cette fois, il est possible de renouer avec la contraction excentrique inhérente à la course et contraignante pour le tendon. A la réception de chaque foulée, le talon part dans un sens et le mollet tire dans l’autre, le tendon est écartelé !

 

J21 A J45

ORIENTATION ORGANISATION

TROTTINEMENT PROGRESSIF

 

Qu’importe, il s’agit de sa mission, il faut le réadapter ! On doit maintenant ajouter du trottinement au cardio varié déjà en cours. Cependant, la progressivité s’impose. Il est nécessaire de mettre des chaussures de running avec du drop ou une talonnette amortissante afin de détendre le tendon d’Achille.  Il est impératif de commencer par des durées limitées. Il est raisonnable de proposer une incrémentation pleine d’humilité, le genre 3 minutes plus 3 minutes à chaque séance. On débute avec une vitesse très faible de l’ordre de 7 à 9 km/h et on reste en aisance respiratoire tout au long de cette troisième étape. On mécanise le geste spécifique, excentrique puis concentrique, enchaînés rapidement, on parle de pliométrie. La kinésithérapie bienveillante peut accompagner cette adaptation tissulaire avec des exercices de freinage et de sautillement. Attention, ces contraintes ne doivent pas empiéter sur l’aptitude du tendon à assumer la charge de travail inhérente à la reprise de la course. La meilleure rééducation à la course reste … la course à pied ! On valide la durée avant l’intensité ! On laisse au moins une journée de récupération entre chaque sollicitation ; on court 2 voire 3 fois par semaine. En fin de protocole, un footing de 20 à 30 minutes a été réalisé … sans douleur !

 

Revoir, Running, Réconciliation !

 

A l’issu de ces 6 semaines, la fissure est comblée, les fibres de collagène et d’élastine sont nombreuses et commencent à s’aligner dans l’axe des contraintes. Si la lésion était sérieuse, il peut être opportun de faire une image de contrôle, échographie ou IRM. Il est nécessaire de revoir votre médecin du sport. Cette consultation rigoureuse permet un entretien complet afin de faire le point sur les symptômes ainsi qu’un examen exhaustif pour réaliser les tests déterminants. En fin de rendez-vous, on négocie 😊 l’augmentation de charge tissulaire …

 

J45 A J90

MECANISATION

ACCELERATION EN COURSE

… COMPETITION DE RECONCILIATION

 

Mais, en pratique, l’expérience valide une progressivité présentée. La semaine suivante, on passe à 60% de la VMA (60% de la vitesse atteinte à fréquence cardiaque maximum) et on augmente la durée pour atteindre une heure de footing. Et chaque semaine, on augmente de 10%. La deuxième semaine suivant la consultation, des cessions à 70% sont permises. La suivante du seuil continu à 80 % est au programme. Celle d’après inclut du fractionné à 90%. La quatrième renoue avec un peu de travail intermittent à 100% de la VMA. Chez le coureurs rapides, il arrive que cette incrémentation soit trop rapide et provoque trop de stress tissulaire, on discute alors d’une incrémentation en kilomètre heure. Parallèlement l’allongement des séances foncières se poursuit petit à petit. Sans oublier que les intensités encore inaccessibles en course sont déclinables sur vélo ou elliptique. Bref, vous n’êtes pas déconditionné … vous êtes même très en forme. Une nouvelle consultation confirme que vous êtes apte à assumer la compétition de réconciliation mentionnée dans votre agenda dans un bon mois, le temps d’une préparation un peu plus spécifique ou d’une mécanisation plus subtil de votre tendon … qui va encore durée 4 à 6 mois. Une bonne raison pour négocier avec le doc un programme d’entraînement bien conçu évitant de nouvelle blessure !

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
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