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HORMONES ET SPORT : LE PIRE ET LE MEILLEUR

Florence tente d’écouter le silence, elle ne distingue que le sifflement de sa chaîne. Comme pour se recueillir, elle courbe l’échine et observe les maillons qui fusent à grande vitesse des pignons vers le plateau. Le bruissement de son vélo bien huilé lui rappelle le feulement d’une grosse cylindrée sillonnant la route avec aisance. Pareilles au piston d’un moteur puissant, elle aperçoit ses jambes qui écrasent les pédales à une cadence infernale. A chaque tour de moulin, les alliages rutilants reflètent les rayons d’un soleil matinal.





La vigueur de ses cuisses n’a d’égale que la décontraction de ses doigts. Posées délicatement sur le cintre, ses mains savourent le contact moelleux de la guidolinne multicolore. Détendues, elles sont toujours prêtes à réagir. D’un geste, son majeur fait cliqueter le dérailleur. A l’amorce d’une longue portion plate, Florence met deux dents de plus. Elle se dresse sur sa machine et attaque en danseuse. Elle part à l’assaut de ce large plateau comme les fantassins pendant la grande guerre. Elle se fixe comme objectif le mémorial dressé en leur honneur au bout de la plaine. Florence sent le vent contraire s’engouffrer entre ses bras. Ses roues semblent collées au bitume. Pourtant, elle sait que son effort est dérisoire. En regardant vers le bas-côté, elle voit le limon lourd et fertile des cultures. Elle imagine ces combattants englués, courant vers l’ennemi déversant une pluie de feu. Plus loin, elle contemple tous ces hommes couchés lorsqu'elle double ces milliers de croix blanches brouillées par la vitesse.


Juste après le cimetière bordé de platanes et de troènes, Florence accélère encore. Elle passe, nez dans le guidon, l'obélisque du mémorial comme un poteau d'arrivée. Immédiatement, elle regarde son chronomètre : elle a encore amélioré son temps !


Florence se sent au "top". Cette saison, elle enchaîne les victoires en course. Pourtant son médecin lui a dit : « Florence, vous êtes en surentraînement. Vous allez vous effondrer ! Vous souffrez de désordres endocriniens graves. Ceci signifie que vous avez un trouble sérieux des sécrétions hormonales. Vous devez faire un bilan et vous reposer».

Voilà de nombreuses années que Florence n'a plus de règles. Elle a toujours refusé de se soigner. Lorsque son docteur tentait de lui faire entendre raison, elle répondait : "Quand on pense que les cyclistes professionnels se dopent pour augmenter le taux de globules rouges, nous les femmes, nous devrions saigner tous les mois ! Et puis, il y a les contraintes mensuelles perturbant l'entraînement voire la compétition. Non, vraiment, c'est mieux comme ça !" Son médecin a essayé d'expliquer et de justifier sa position : "Florence, vos ovaires ne fonctionnent plus. Elles sont épuisées, vidées comme un citron pressé ! Elles ne produisent plus d'hormones. Ces substances sont essentielles au bon fonctionnement du corps. Déversées dans le sang, elles apportent un message chimique à de nombreux organes. A la puberté, elles transforment la petite fille en jeune femme. Plus tard, elles continuent à assumer de nombreuses missions. Elles stimulent la formation des os … et même des muscles ! Les hormones féminines ont la vertu de modifier la composition des graisses sanguines et d'assouplir les vaisseaux. Ainsi, elles réduisent le risque de crise cardiaque."« Balivernes théoriques d’universitaires ! Je suis parfaitement musclée … et je gagne des courses» a-t-elle rétorqué dans son for intérieur. Et elle a repris son vélo !


Après le mémorial, la route plonge vers le fleuve. Florence cesse de pédaler et slalome sur les pentes goudronnées. Ici les coteaux de la Marne s’illuminent de soleil. Au pied de la descente, la jeune femme affûtée et sa machine profilée fusent le long du canal ombragé. Elle dépasse sans se retourner plusieurs VTT roulant trop paisiblement sur le chemin de halage. Quelques centaines de mètres plus loin, il faut grimper de nouveau vers le plateau. Qu’importe, Florence adore les bosses. Légère comme une plume, elle monte, soufflée par le vent. Ses hanches fines et étroites amarrent des muscles ciselés qui l'arrachent vers le sommet. Lorsqu’elle appuie sur les pédales, chaque contraction sculpte tous les faisceaux musculaires de ses jambes.


Depuis longtemps, Florence tente d'exclure les graisses de son alimentation. Elle a perdu bon nombre de kilos. Après qu'elle eut expédié ces rondeurs féminines, elle s'est mise à grimper beaucoup mieux ! Désormais, en compétition, elle profite souvent du relief pour s'échapper. Elle doit plusieurs victoires à cette stratégie ! Décidément, toute cette adiposité n'est qu'un lest néfaste à la performance ! Elle est bien contente d'en être débarrassée ! Pourtant son médecin lui a répété :


"Vous devriez manger de tout, les lipides contiennent beaucoup de substances indispensables. On y trouve notamment des vitamines. Il y a aussi un peu de cholestérol nécessaire à la formation des hormones."


Il a même tenté le dialogue chaleureux et intimiste :

« Ces formes sur les hanches sont appelées "caractères sexuels secondaires". Elles sont indissociables de la femme ! Elles ont de multiples fonctions biologiques. Elles produisent un peu d'hormones féminines. Elles assurent un stock énergétique pour la grossesse et l'allaitement. De plus, elles contribuent à la survie de l'espèce en attirant l'œil des individus de sexes masculins … et personnellement, je confirme ! »


Florence n'apprécie guère l'humour de son médecin. Sous prétexte de théories scientifiques, il n'a pas à faire de commentaires sur sa vie personnelle. Pour l'instant, elle aime faire du sport, elle prend plaisir à encaisser la pression de la compétition … et surtout, elle adore gagner !


De retour sur le plateau, des millions de fleurs de colza feuillent d’or fin les cultures qui s’étalent à perte de vue. De grandes fermes à cour carrée surplombent la vallée. Pareilles à des forteresses, elles semblent monter la garde sur ce trésor naturel. La Brie exhibe et protège ses richesses agricoles et architecturales. Le cycliste a le droit de toucher avec les yeux. Florence jouit sans pudeur de ce bonheur privilégié. En plein effort, le plaisir est décuplé. Son corps déverse à flots des « endorphines ». Ces hormones du bien-être imprègnent son cerveau … et bloquent le message de douleur venant de tous ses muscles en surchauffe.


Traversant les villages, elle sillonne les ruelles étroites. Elle freine puis relance en sortie de courbe. Sa machine se montre particulièrement réactive. Son cadre est court et rigide, … son moteur révèle une étonnante souplesse ! Bien que quelques cyclistes passent comme des furies, il émane de ces bourgades rurales une savoureuse quiétude. Jules Ferry a construit sa ravissante petite école de meulière beurrée juste à côté de l’église en pierre de taille. Les saints ornant les vitraux veillent sur les enfants de la République penchés à leurs pupitres. Ici, depuis des années, Dieu et Marx sont voisins et entretiennent des relations amicales.


Au bout de la rue, la route tourne en épingle. Florence ralentit. En approchant, elle constate que la chaussée vient d’être refaite. Une fine couche de gravillons recouvre le bitume. Elle freine à nouveau. Son vélo est déjà engagé dans le virage. La roue arrière se bloque et dérape. Florence sent sa selle se dérober. Trop tard ! Elle tombe bêtement sur le côté.


Malgré la lenteur de la chute, Florence perçoit un effroyable craquement dans sa hanche. Elle hurle de douleur ! Couchée sur le sol, elle a encore les pieds accrochés à son inséparable machine. La souffrance diffuse dans son corps toujours haletant. La vision troublée par ce malaise qui l'envahit, elle voit les habitants accourir pareils à des géants qui l'assaillent. Comme une ultime tentative de maîtrise sur son corps, Florence parvient à faire disparaître sa douleur en perdant connaissance.


Au sortir du bloc opératoire, le chirurgien vient lui expliquer l’ampleur des dégâts :


« Mademoiselle, vous avez sérieusement fracturé votre col du fémur. En revissant les fragments, j’ai constaté que chaque morceau était fragile. Pour ne pas les fissurer, il a fallu faire preuve de la plus grande prudence. Chez une jeune femme de votre âge, je n’avais encore jamais vu ça. Votre structure osseuse est comparable à celle d’une grand-mère atteinte d’ostéoporose depuis des années.


Compte tenu de votre niveau sportif, je suppose qu’il s’agit d’un grave problème hormonal. Une prise en charge s’avère indispensable si vous souhaitez récupérer au plus vite et surtout si vous voulez arrêter de vieillir à toute allure ! »


A cet instant Florence comprend que les "balivernes théoriques de l’université" viennent de se concrétiser !



1 Le sport perturbe la sécrétion des hormones


Cette anecdote n'est pas sans rappeler la véritable histoire de Cathy Marsal. Notre championne cycliste s'est fracturé le bassin après une chute anodine. A cette occasion, elle a révélé qu'elle n'avait plus de règles depuis de nombreuses années. Elle a souhaité faire connaître au grand public les graves conséquences endocriniennes de l'entraînement intensif. Elle a voulu sensibiliser ses collègues, sportives de haut niveau, au risque insidieux des troubles hormonaux.


11 Le sport a démontré son influence néfaste sur les sécrétions hormonales


L'absence de règles, aussi appelée aménorrhée, se montre particulièrement fréquente parmi les athlètes très entraînées. Selon les sources, 10 à 66 % des sportives de haut niveau en est victime. Parmi les danseuses, elles seraient de 20 à 40 %, chez les coureuses de fond, de 40 à 50%. Les proportions grimpent encore dans le cyclisme pour atteindre 70%. Enfin, elles culminent en gymnastique où 90 à 100% des jeunes filles souffriraient d'aménorrhée.


Les recherches montrent que les perturbations hormonales existent également en cas de pratique moins intensive. Ces modifications de sécrétion sont même systématiques. Chez la joggeuse, on constate toujours une diminution du taux d'hormones sexuelles féminines appelées œstrogènes. Cette réduction de concentration sanguine semble proportionnelle au kilométrage hebdomadaire. Ainsi, les femmes courant moins de 40 kilomètres par semaine et s'alimentant normalement n'ont presque aucun risque d'aménorrhée. A partir de 80 kilomètres, l'altération des cycles est quasi-systématique.


12 L'absence de règles a de nombreuses conséquences.


Les os, les muscles et le cœur souffrent de ces troubles hormonaux. Le plus souvent, il s'y associe une stérilité. Les œstrogènes sont les "hormones anabolisantes féminines". Comme la testostérone et ses dérivés chez l'homme, les œstrogènes stimulent la construction des tissus chez la femme. Bien sûr, leur action se révèle moins puissante et s'oriente également vers la formation du tissu graisseux propre au sexe féminin. Cependant, les œstrogènes favorisent incontestablement la formation musculaire et osseuse.


121 La décalcification guettent les sportives privées de règle


L’athlète victime d'aménorrhée place son corps de femme en état de ménopause précoce. Peu à peu, ses os vont souffrir d’ostéoporose. Initialement, la perte de calcium prédomine sur la colonne vertébrale. Comme une petite dame du troisième âge, sa trame osseuse devient fragile. Comme une grand-mère, elle peut être victime d'un tassement de vertèbres ou d'une fracture du col du fémur, à l'occasion de traumatismes mineurs. Vous savez que l'os des sportifs peut également se briser sans aucun choc. A force de multiplier les contraintes mécaniques, il finit par se fissurer. C'est la fracture de fatigue. Chez l'athlète aménorrhéïque ce risque est multiplié par 2 … voire par 10 selon les sources !


Evidemment, l'ostéoporose ne se constitue pas instantanément. Les études mettent en évidence qu'elle est peu significative après un à deux ans sans règles. En revanche, la décalcification se montre toujours plus sévère lorsque les troubles ont débuté avant 25 ans. En effet, l'os achève sa croissance pendant l'adolescence mais poursuit sa densification pendant une dizaine d'années. Les jeunes filles disposent d'un quart de siècle pour atteindre le pic de minéralisation osseuse. Au-delà, l'os perd lentement ses constituants. Ainsi, entre la puberté et 25 ans, il est crucial qu'un climat hormonal optimum facilite la construction des os. Le retard pubertaire favorise la fragilité de la trame osseuse. L'âge habituel des premières règles est souvent voisin de celui de la mère. En France, il est en moyenne de 12,6 ans. Il semble que chaque année de pratique sportive intensive au cours de l'enfance décale la survenue de la puberté de 5 mois et altère d'autant l'aptitude de l'os à se calcifier.


122 Le manque d'œstrogène altère la formation des muscles.


En cas de carence hormonale, la masse musculaire se développent moins que ne le voudrait l'entraînement. La force ne progresse pas. En fait, ce sont surtout les capacités de cicatrisation osseuse et musculaire qui sont perturbées. La récupération est moins bonne et la guérison des blessures se révèle beaucoup plus longue. Une étude suédoise prouve que la convalescence après traumatisme est 3 fois plus longue chez les sportives souffrant d'aménorrhée. Heureusement, il ne s'agit sûrement pas de temps perdu. Ces délais contribuent probablement à la régénération générale indispensable dans ce contexte de surentraînement …


123 En l’absence d’hormone, le cœur des femmes n’est plus protégé


Les hormones féminines recèlent nombre de bienfaits pour le cœur et les vaisseaux. Une concentration d'œstrogène normale permet d'augmenter le taux de bon cholestérol aux dépens du mauvais. Cette substance entretient la souplesse des artères. La probabilité d'infarctus diminue. Les femmes doivent attendre 55 ans pour que leur risque de crise cardiaque atteigne celui d'un homme de 40 ans. En théorie, la sportive aménorrhéïque se prive de cette protection cardiovasculaire. Actuellement, il n'existe pas d'études concernant la recrudescence des accidents cardiaques chez les sportives n'ayant plus de règles. Aussi, pour évaluer les dangers de la carence en œstrogènes sur le cœur et les vaisseaux, on peut, comme pour l'os, se référer aux conséquences de la ménopause. Passée cette date, tout se dégrade rapidement. Les femmes voient leur risque cardiovasculaire grimper considérablement. A 70 ans, elles ont rejoint les hommes et la probabilité d'infarctus est identique dans les deux sexes. Il reste à espérer que la recherche ne confirmera pas une telle recrudescence d'accidents cardiaques chez la femme aménorrhéïque.


124 L’entraînement intense perturbe la fertilité


Dans l'immense majorité des cas, en cas d'absence de règles, il ne se produit pas d'ovulation. La sportive ne peut pas avoir d'enfant. Pourtant, la stérilité n'est pas systématique. Ingrid Kristiansen est une coureuse de fond de niveau international. Bien sûr, compte tenu de son programme d'entraînement, elle est aménorrhéïque. Elle pense qu'aucune contraception n’est nécessaire. Cependant, au marathon de Boston, elle réalise une piètre performance. Le bilan médical effectué quelques jours plus tard pose le diagnostic de grossesse. Ingrid est enceinte, en toute discrétion, depuis 5 mois ! Théoriquement, lorsque l'activité physique diminue, les cycles naturels reprennent. L'ovaire libère l'ovule au quatorzième jour et la sportive peut devenir maman. Rarement, il semble qu'un traitement à base d'hormones cérébrales stimulantes soit nécessaire pour relancer la fonction ovarienne.


13 Quelles sont les causes de ces troubles hormonaux ?


Plusieurs hypothèses sont évoquées. En pratique, il est probable que tous ces processus sont intriqués.


131 les ovaires se vident de leurs réserves en hormones


Les scientifiques pensent que les ovaires expulse leur contenu hormonal au cours de l'effort. Chez une femme normalement réglée, le taux d'œstrogène augmente pendant l'exercice. L'accroissement du débit sanguin traversant les glandes contribue sûrement à justifier cette constatation. Il est possible que ce phénomène ait un intérêt biologique. L'activité physique fait subir à l'os, au muscle et au tendon de nombreux microtraumatismes. L'effort déclenche également une décharge d'hormones du stress détruisant les tissus pour produire de l'énergie. Aussi, les œstrogènes, les "anabolisants féminins", pourraient-ils contribuer à préserver les masses musculaires, la structure tendineuse et la trame osseuse. Cependant, si la réaction de l'organisme se révèle efficace à court terme, elle peut se montrer nuisible à distance. En cas d'entraînement trop intense ou trop fréquent, les ovaires ne parviennent plus à reconstituer leur stock hormonal. Le taux d'œstrogène, au repos, s'effondre et l'exercice ne provoque plus aucune libération de substance anabolisante. La vie quotidienne et surtout le sport peuvent engendrer d'importantes lésions musculaires ou osseuses.


132 Le cerveau bloque les sécrétions d'œstrogènes.


Les hormones du stress produites par le système nerveux inhibent la libération des substances cérébrales destinées à stimuler l'ovaire. Le stress, c'est bien sûr la "pression" décrite par Florence à l'approche des compétitions. Mais le stress, c'est aussi et surtout, l'excitation physiologique du corps pendant l'effort. Dans ces deux circonstances, ce sont les catécholamines et particulièrement la dopamine qui baignent le système nerveux. Là encore, une interprétation "finaliste" est envisageable. Tout se passe comme si, pour faire face à une situation d'urgence, le corps enclenchait les réactions nécessaires à la survie de l'individu. L'organisme reporte à plus tard la reproduction. Lorsque le calme reviendra, le retour des aptitudes à la procréation assurera la poursuite de l'espèce.


Les hormones du bien-être, les fameuses endorphines, interviennent également. Elles freinent la production des produits biologiques destinés à stimuler les glandes sexuelles. Vous le savez, ces substances du bonheur sont produites à partir d'une grosse molécule activant également la formation des hormones du stress. Ainsi, l'organisme semble apporter simultanément le poison et son antidote. Toujours est-il que chacun de ces produits revêt une signification biologique voisine. Tous deux bloquent le fonctionnement des glandes sexuelles. De plus, les endorphines sont également déversées dans le système nerveux à l'issue de l'acte sexuel. Ce sont les médiateurs essentiels des sensations orgasmiques. Tout laisse à penser qu'après la période des amours, les substances du bien-être contribuent à apaiser les pulsions et à reporter la prochaine ovulation.


L'augmentation de la chaleur corporelle pendant l'effort perturbe la sécrétion des hormones cérébrales stimulant les ovaires. A haut niveau, il semble que les disciplines comme la natation et le vélo engendrent moins d'aménorrhée que la course ou la gymnastique. En effet, l'eau fraîche et le vent favoriseraient le maintien d'une température organique raisonnable.


133 L’alimentation influe sur la production d’hormone


Une alimentation insuffisante et la maigreur favorisent la survenue de perturbation hormonale. Dans ce contexte, il semble que le profil psychologique ne soit pas innocent.


1331 L’anorexie ressemble à l’aménorrhée


Les caractéristiques hormonales de la sportive aménorrhéïque ne sont pas sans rappeler celles des jeunes filles souffrant d'anorexiementale. Ces femmes présentent souvent des points communs. L'une comme l'autre recherchent une maîtrise totale de son corps. Ce dernier ne leur donne jamais satisfaction, il faut encore et toujours perdre du poids et améliorer sa performance. Toutes deux tentent de stresser leur corps et leur esprit pour assumer d'importantes contraintes physiologiques et psychiques. Les anorexiques pratiquent souvent, intensément, une activité physique. Les athlètes de haut niveau suivent habituellement des régimes draconiens, au voisinage de l'anorexie. Voilà qui ressemble à l'attitude de Florence, notre cycliste dépourvue de règles.


1332 Une alimentation trop pauvres en graisses est nuisible


Ce type de ration prive l'organisme de cholestérol. Malheureusement, cette substance est nécessaire pour synthétiser les hormones sexuelles. Un manque de lipides agit directement sur le fonctionnement des ovaires. De plus, ce comportement restrictif provoque un amincissement, lui-même néfaste à la production hormonale. Statistiquement, les aménorrhées sont plus fréquentes chez les sportives végétariennes. Pour certains auteurs, ce mode nutritionnel est, lui aussi, à rapprocher d'un trouble psychique de type obsessionnel.


1334 La maigreur favorise les carences hormonales


Chez la femme, le tissu graisseux, encore appelé adipeux, s'accumule sur les hanches dès la puberté. A cet emplacement, il constitue une particularité morphologique féminine. Il s'agit d'un véritable caractère sexuel secondaire. Les cellules adipeuses situées au niveau de la taille assument une mission spécifique. Elles constituent une réserve d'énergie pour la grossesse et l'allaitement. De plus, comme les ovaires, le tissu graisseux féminin produit des œstrogènes. S’il est en quantité insuffisante, la fabrication hormonale dite "périphérique" chute et la situation endocrinienne dégénère. Parallèlement, quand les ovaires ne sécrètent plus d'œstrogène, l'ambiance hormonale redevient comparable à celle qui régnait avant la puberté. La formation du cellules adipeuses typiquement féminines est inhibée. La production hormonale au sein des cellules graisseuses diminue. Un véritable cercle vicieux débute, au détriment de la sportive !


Le corps d'une femme sédentaire est constitué, en moyenne, de 25 % de graisse … c'est normal ! Selon les études, les proportions de tissu adipeux induisant des troubles hormonaux varient. Il semble qu'aux alentours de 22%, il n'y ait aucun problème de cycle. Avec une alimentation bien équilibrée et un entraînement bien conçu, il serait possible de conserver des règles alors que la masse lipidique descend à 12,5%. En revanche, I'aménorrhée apparaît inévitable quand le tissu adipeux chute à moins de 11%. En calculant la quantité de calories stockée dans ces cellules, certains spécialistes se risquent à une interprétation finaliste. Il est probable que la femme bloque sa fonction de reproduction à partir du moment où les réserves énergétiques réparties sur les hanches se révèlent insuffisantes pour mener à bien une grossesse.


134 Une fragilité du système endocrinien est souvent retrouvée


Cette sensibilité glandulaire constitue un facteur favorisant la survenue d'une aménorrhée chez la sportive. Celle-ci se révèle parfois d'ordre génétique. Dans ce contexte, la mère de la jeune fille a souvent présenté une perturbation du cycle. Souvent, les défaillances de sécrétions hormonales se sont installées à l'occasion d'un retard pubertaire, lui-même survenant dans le cadre d'un surentraînement. En fait, une pratique sportive intensive dans l'enfance ou à l'adolescence pourrait prédisposer au trouble hormonal chez l'adulte


14 Que faire en cas d'absence de règles ou de troubles hormonaux ?


141 S’assurer de l’origine sportive


Bien évidemment, un bilan médical s'impose. Même face à une athlète très entraînée, le médecin se doit de confirmer l'origine sportive de l'anomalie. Pour cela, il s'efforce de rechercher les autres causes d'aménorrhée. En premier lieu, bien sûr, il faut effectuer un test de grossesse. Ensuite, il est indispensable d'éliminer les maladies provoquant un arrêt des règles. Enfin, à l'issue de cette démarche, le médecin considère que les troubles endocriniens sont provoqués par l'activité physique intense.


142 Instaurer un traitement


Le traitement oblige à une réduction de l'entraînement. Le nouveau programme de préparation, moins sollicitant physiologiquement, ne s'associe pas systématiquement à une régression. Au contraire, une activité physique mieux conçue dans un contexte endocrinien plus favorable est souvent à l'origine d'une amélioration des performances. Les études scientifiques semblent démontrer que l'entraînement maximum tolérable n'a rien à voir avec la préparation la plus efficace !


Il est nécessaire de proposer une alimentation plus riche et plus équilibrée. Un apport régulier de graisses et la prise de quelques rondeurs sur les hanches sont nécessaires pour relancer les cycles. Il faut inciter la sportive à réduire son stress compétitif. Il existe de nombreuses méthodes de relaxation. Elles peuvent se révéler utiles chez l'athlète professionnelle. Chez l'amateur, il est impératif de relativiser les compétitions. En participant à ces épreuves "pour le plaisir", avec moins de "pression", ces femmes peuvent même discrètement….envisager une amélioration de leur prestation.


Certains médecins prescrivent un traitement hormonal. Momentanément, il se substitue à la production ovarienne. Théoriquement, il est proposé "en urgence", le temps que les modifications comportementales portent leurs fruits. En effet, cette thérapeutique pose un problème éthique. Il s'agit d'un véritable "rééquilibrage endocrinien". Ce dernier permettrait d'intensifier l'entraînement malgré de nombreux signes de surmenage. La simple prescription d'une pilule contraceptive pourrait être assimilée à du dopage.


Il n'existe pas de consensus scientifique autour de la prise en charge des troubles endocriniens chez la sportive. Toujours est-il que les membres de l'American Society for Sports Medicine ont été interrogés. En cas d'aménorrhée, ils sont 97% à prescrire un traitement hormonal, 87% à donner du calcium pour les os, 64% à proposer une meilleure alimentation. Malheureusement, seuls 57% d'entre eux suggèrent un réaménagement du programme d'entraînement.


15 L'homme aussi présente des défaillances hormonales!


151 L'état de carence s'installe insidieusement


Chez l'homme, la pratique sportive intensive induit des troubles endocriniens comparables à ceux des femmes. Cependant, ils s'installent plus discrètement parfois plus profondément. Effectivement, l'arrêt des règles n'est pas là pour informer de l'ampleur des perturbations. La principale hormone mâle sécrétée par les testicules est la testostérone. Comme les œstrogènes, son taux sanguin au repos diminue en période d'activité physique intense. Au cours de leur préparation olympique de 9 mois, les rameurs ont vu leur concentration de testostérone chuter de 50%. Les études montrent que la réduction de la testostérone de repos survient dès 4 semaines d'entraînement intensif.


152 L'origine des troubles se situe dans les testicules et dans le cerveau


Comme l'ovaire, le testicule déverse son stock d'hormones pendant l'effort. Les concentrations sanguines s'élèvent provisoirement. Vous le savez, ces hormones anabolisantes auraient pour mission de maintenir en bon état les os, les muscles et les tendons pendant un exercice source de nombreuses contraintes mécaniques. Ces substances parviendraient à préserver l'intégrité de ces tissus alors que les hormones du stress cherchent à les détruire pour produire de l'énergie. Souvenez-vous, les femmes normalement réglées parviennent à conserver un taux d'œstrogène élevé tout au long d'un marathon. Les hommes semblent plus fragiles ! Qui l'eut cru ? Après quelques kilomètres, ils n'arrivent pas à juguler la chute de la testostérone. A l'issue de l'épreuve, deux jours se révèlent nécessaires pour retrouver le taux de repos. En cas d'effort maximum, type demi-fond, la testostérone s'effondre beaucoup plus rapidement, presque instantanément.


A la manière du cerveau féminin, le système nerveux masculin est sensible à la "pression" psychologique et au stress de l'effort physique. Les endorphines et les dérivés de l'adrénaline bloquent la sécrétion des substances destinées à stimuler le testicule. La synthèse d'hormones mâles diminue … la production des spermatozoïdes se dégrade !


153 Les conséquences affectent l'organisme tout entier


La fertilité masculine est affectée. Au cours d'une étude sur la fécondation in vitro, Baker a constaté que le sperme provenant de coureurs à pied permettait d'obtenir moins de grossesses que celui de sédentaires. L'analyse au microscope montre des spermatozoïdes moins nombreux et moins vigoureux. Par la suite, la recherche a démontré que jusqu'à 50 kilomètres hebdomadaires, il n'existe aucun problème de fertilité. Au-delà de 100 kilomètres par semaine, la mauvaise qualité du sperme pourrait induire une stérilité.


Au repos, chez le sportif surentraîné, on observe que la testostérone, la substance anabolisante essentielle, a chuté. Parallèlement, on constate que le cortisol, l'une des principales hormones du stress, reste élevé. Ce déséquilibre est à l'origine de graves conséquences. La destruction tissulaire continue à être activée alors que la construction n'est plus stimulée. Le repos ne permet plus la récupération des muscles, des tendons ou des os. Les stocks énergétiques ne parviennent plus à se reconstituer. Le sportif ne tarde pas à régresser. Plus il s'entraîne, plus il s'épuise. Augmentation du cortisol et diminution de la testostérone, voilà le profil endocrinien du sportif surmené en train de ronger ses organes !


154 Quel traitement proposer ?


La prise en charge des troubles hormonaux masculins est comparable à celle des femmes. Cependant, le traitement exclut, en théorie, toute prescription hormonale. Chez l'homme, il n'existe ni pilule contraceptive ni traitement hormonal substitutif de la ménopause. Proposer un rééquilibrage endocrinien, même provisoire, est un acte de dopage. C'est la loi. Je laisse à votre réflexion personnelle l'analyse de cette différence entre le sport féminin et masculin. Toujours est-il que les hommes disposent de tous les autres moyens thérapeutiques. Ils doivent, essentiellement, reprogrammer leur entraînement.


155 Le manque d'hormones sexuelles chez l'athlète de haut niveau est prouvé


Les anomalies endocriniennes du sportif surentraînées ont été maintes fois mise en évidence. Certaines études ont eut un grand retentissement médiatique. En 1976, Le docteur François Bellocq a soutenu une thèse sur la détérioration du profil hormonal chez le cycliste professionnel. Par la suite, ce médecin a été ouvertement un fervent partisan du "rééquilibrage hormonal". Il affirmait que ces sportifs ne pouvaient pas s'arrêter sous peine de perdre leur métier. Si un entraînement parfaitement conçu ne parvient pas à rétablir naturellement la situation, il est possible que les coureurs concernés soient inaptes génétiquement à assumer de telles charges d'entraînement. Dans tous les domaines, la médecine du travail connaît des contre-indications à certaines professions ! A moins que le poste ne soit trop pénible pour tout le monde ! Son réaménagement consisterait alors à réduire la difficulté et le nombre des compétitions !


Le déséquilibre hormonal s'inscrit dans un contexte de surmenage global. Il ne représente qu'une petite fraction de la détérioration des processus physiologiques. Par exemple, en cas de surentraînement, le sportif accumule les blessures. L'appareil locomoteur est l'un des premiers fusibles à se manifester en cas de sollicitation physique excessive. Bien sûr, le climat hormonal ne favorise pas la cicatrisation. Cependant, c'est principalement l'accumulation des contraintes mécaniques qui justifie les lésions. Compenser le déficit hormonal, voire augmenter copieusement le taux d'hormones sexuelles, ne réduirait pas les forces imposées à ces structures malmenées. Bien au contraire, de telles prescriptions permettent d'accroître l'entraînement au détriment de tous les autres paramètres physiologiques déjà épuisés !


En cas de surentraînement, la récupération hormonale est longue. Certaines études mettent évidence que 3 semaines de "repos relatif" avec activité physique légère se montrent incapables de restituer des taux sanguins normaux. En revanche, 15 jours de repos complet semblent suffisant pour récupérer totalement.


2 Le sport se révèle bénéfique pour les sécrétions hormonales



21 Les hormones sexuelles augmentent en cas d'exercice modéré

211 C'est efficace chez l'homme et chez la femme


Chez la femme, vous le savez, les œstrogènes augmentent pendant l'effort. Si l'entraînement hebdomadaire ne dépasse pas 40 kilomètres, aucune diminution du taux de base n'est décelée. En cas d'exercice modéré, le bilan est positif !


Chez l'homme, le constat est comparable. Lors d'un footing de 45 minutes en aisance respiratoire, la concentration de testostérone s'élève. Dans ces circonstances, contrairement aux observations réalisées sur marathon, le taux d'hormones ne chute pas en fin d'effort. Il reste même élevé pendant 15 minutes suivant l'arrêt du jogging. Ensuite, il rejoint progressivement sa valeur de repos. Avec un entraînement de ce type 3 fois par semaines, la testostérone sanguine ne descend jamais en dessous de la normale. Là encore, le bilan endocrinien est positif !


212 La course et la musculation ont prouvé leurs bienfaits


Même les séances de course fractionnée, bien conçues, se révèlent favorables. Un programme d' "interval training" enchaînant 1 minute d'accélération puis 1 minute de jogging lent pendant une demi-heure provoque une forte augmentation de la concentration en testostérone tout au long de l'entraînement. Ce type de travail est nettement différent des compétitions. En course, sur la distance choisie, l'athlète tente de soutenir la vitesse la plus élevée possible. L'effort peut être considéré comme maximum ! En cas de séance de type "vite/lent", l'exercice est intense mais court, le sportif ne va pas au bout de ses possibilités. De plus, il est ponctué de ralentissements, facteurs de récupération physique … et hormonale.


La musculation se montre également bien utile pour optimiser le climat hormonal. Pendant l'effort, la testostérone monte nettement. Elle reste élevée tout au long de la séance. En cas de pratique régulière, la concentration de repos a même tendance à se situer au-dessus des normes ! Ces résultats sont observés quel que soit le mode de renforcement musculaire. On obtient les même effets en soulevant des charges lourdes peu de fois ou en soulevant des charges légères de nombreuses fois. Alors la science semble donner raison à l'inconscient collectif. L'homme musclé … mais pas épuisé par son entraînement, semble avoir plus d'hormones mâles en circulation que le freluquet !


213 La DHEA s'élève dans le sang des pratiquant de loisir


En vente libre aux Etats unis, la DHEA ou déhydroépiandrostérone donnerait une nouvelle jeunesse aux vieux cow-boys et à leur compagne ! Cette hormone est, elle aussi, concernée par l'exercice physique. Il s'agit d'un androgène ; sa structure est voisine de celle de la testostérone. Comme l'hormone mâle, elle revêt un pouvoir anabolisant. Cependant, le sien est moins puissant. Cette substance est également sécrétée par la femme mais en quantité légèrement inférieure. En effet, elle n'est pas produite par des organes sexuels mais par de petites glandes situées au-dessus des reins, les "surrénales".


Vers l'âge de trente ans, les hommes et les femmes voient le taux de leur DHEA descendre peu à peu. Aussi, les marchands de bonheur proposent-ils de supplémenter précocement … à l'aveugle… toute baisse supposée. Il n'est pas exclu qu'un traitement substitutif soit un jour proposé, mais attendons que les études scientifiques nous en donnent les indications et les modalités. Pour patienter, le sport se révèle un bon passe temps. Un entraînement modéré et bien adapté est à l'origine d'un bilan positif. Une activité physique modérée provoque une élévation de la DHEA dans le sang qui persiste quelque temps. Dans ces conditions, le taux de repos reste normal. En revanche, en cas de surentraînement, il s'effondre comme celui de la testostérone et des œstrogènes.


22 La sécrétion de l'hormone de croissance est stimulée par le sport !

221 L'hormone de croissance, c'est quoi ?


L'hormone de croissance est produite par une petite glande située à la base du cerveau. Comme son nom l'indique, elle favorise l'augmentation de taille de l'enfant. Bien que, sa production diminue nettement à partir de 25 ans, elle continue à être sécrétée chez l'adulte. Elle facilite l'entretien des organes. En somme, le renouvellement cellulaire est comparable à une croissance permanente. Par exemple, l'hormone de croissance active la formation du tissu musculaire. Parallèlement, elle brûle les graisses pour produire l'énergie nécessaire à toutes les synthèses qu'elle induit. Malheureusement, sa concentration baisse peu à peu et son taux approche de zéro vers 60 ans. Le manque d'hormone de croissance pourrait être impliqué dans la dégradation corporelle de la sénescence. La recherche s'efforce d'en savoir plus. Un jour peut-être, les scientifiques proposeront un traitement substitutif dont ils détermineront les modalités !


222 Quel est l'influence de l'exercice ?


En attendant une éventuelle complémentation, le sport peut-être considéré comme une méthode naturelle pour produire de l'hormone de croissance. Les études ont mis en évidence un accroissement colossal de sa concentration sanguine pendant l'activité physique. Elle s'élève d'autant plus nettement que l'exercice est intense. Elle peut être multipliée par 5, voire par 20, lors d'une séance de musculation lourde ou de course fractionnée. Cette élévation persiste pendant plusieurs heures à l'issue de l'effort. Au repos, entre les entraînements, la quantité d'hormones dans le sang est plus élevée chez le sportif que chez le sédentaire ! Trois joggings hebdomadaires de 20 à 30 minutes, en aisance respiratoire, suffisent ! Mais une préparation plus intense augmente encore les concentrations de repos.


Exceptionnellement, en cas de surentraînement profond, l'hormone de croissance peut s'effondrer. Dans ces conditions, le sportif perd du muscle et reprend de la graisse. Il présente par ailleurs des troubles graves de la thermorégulation. Ses capacités de sudation diminuent sérieusement. Pendant l'effort, sa chaleur corporelle grimpe dangereusement. Il risque le coup de chaleur.


Par ailleurs, sachez que les protéines et le sommeil profond provoquent également une sécrétion d'hormone de croissance. Ainsi, pour optimiser la reconstruction musculaire, le repas suivant l'entraînement ne doit exclure ni la viande, ni le poisson, ni les œufs. A l'issue d'une séance en fin d'après-midi, un dîner équilibré et varié, suivi d'une bonne nuit de repos, potentialisent probablement les effets bénéfiques de l'activité physique.



3 En pratique, quel sport pour les hormones ?


31 Entraînez-vous régulièrement et modérément


Un entraînement régulier ne provoquant pas d'épuisement favorise la sécrétion hormonale. Un cocktail varié d'activités permet d'optimiser la production de ces substances en réduisant le risque de surmenage. Votre programme hebdomadaire peut inclure un peu de musculation, du jogging et, pourquoi pas ?, une séance plus ludique, type tennis ou football.


32 Variez les sports


Vous le savez, la musculation permet d'augmenter le taux d'hormones sexuelles et d'hormones de croissance. Le processus se majore lorsque, à la maturité, les taux de base diminuent insidieusement. Soulever en résistance des charges lourdes, ou plus longuement des poids légers, donnent les mêmes résultats. Pour votre cœur, vos vaisseaux et vos articulations, il est conseillé d'alterner les deux types d'entraînement. N'hésitez pas à faire du renforcement musculaire une à deux fois chaque semaine.

Le jogging ou les autres activités d'endurance doivent tenir une place de choix. Souvenez-vous ! Trois footings par semaine de 20 minutes suffisent à augmenter le taux d'hormone de croissance au repos. Quarante kilomètres bien répartis du lundi au dimanche ne révèlent aucun effet néfaste sur la fonction ovarienne. Ainsi, deux à trois fois par semaine vous pouvez courir, nager, pédaler ou faire du cardiotraining en salle pendant une demi-heure à 1 heure. Le plus souvent, restez en aisance respiratoire. Occasionnellement, flirtez avec le "seuil de l'essoufflement" pendant 10 à 20 minutes.


L'entraînement fractionné bien conçu accroît considérablement les concentrations d'hormones de croissance. En l'absence de problème cardiovasculaire, il est possible de réaliser, dans la semaine, une séance structurée associant accélération et récupération. Ce type de travail ne doit jamais mener à l'épuisement. Des activités plus ludiques sont sources d'efforts intenses et intermittents. Ainsi, les sports de raquette ou de ballon ne sont pas à exclure de votre programme. En cas d'entraînement régulier pendant la semaine, rien ne vous empêche d'aller taper dans la balle le week-end.



33 Récupérez !


Rappelez-vous ! La récupération hormonale est longue. Elle est amplement favorisée par le repos complet. Alors, même si vous êtes très sportif, sachez qu'une journée par semaine sans entraînement est vivement conseillée. Cette séance dite de "récupération passive" est, sur le plan hormonal, plus efficace que l'entraînement court et peu intense appelé "récupération active". Cette disponibilité hebdomadaire est l'occasion rêvée pour s'adonner à d'autres passe-temps. En cette journée de régénération totale, l'entraînement le plus efficace comprend une "séance de cinéma".


Vous le savez, il faut environ deux semaines de repos complet pour retrouver les taux hormonaux après une saison de compétition. Ainsi, vous comprenez qu'il est inutile de couper complètement plus de quinze jours lors de l'intersaison. Au-delà, vous cessez de récupérer, vous régressez ! Après cette période de régénération, il est indispensable de reprendre des sports variés et complémentaires à votre discipline de prédilection. Il est nécessaire de vous entretenir pour préparer votre grand retour !


34 Préférez la fin d'après-midi


L'activité physique située en fin d'après midi se révèle vraisemblablement plus bénéfique pour les sécrétions hormonales. En enchaînant une activité modérée, un dîner équilibré contenant suffisamment de protéines et une nuit de bébé, vous majorez sûrement le pic d'hormones de croissance déchargé au cours du sommeil profond ! Vous garantissez probablement un meilleur contrat d'entretien nocturne à vos organes et à vos muscles.


35 Profitez du vieillissement !


Bien évidemment la stimulation hormonale est plus vigoureuse quand la sécrétion de base est faible. L'activité physique se montre encore plus efficace quand arrive la maturité. Mais à quoi correspond cet âge mûr endocrinien ? Désormais, nos retraités hyperactifs sont pudiquement appelés les "seniors" ! Dans les fédérations sportives, les "seniors" correspondent aux "plus de 18 ans". Eh bien ! pour fermer la boucle, sachez qu'en hormonologie, la retraite pourrait débuter entre 18 et 25 ans, lorsque cesse la croissance. Le taux de testostérone commence à baisser à 18 ans pour fléchir plus nettement entre 40 et 50 ans. L'hormone de croissance réduit sa production dès 25 ans pour devenir quasi-nulle à 60 ans. Chez l'adulte, au moment où disparaît le dynamisme spontané de l'enfance, un programme sportif adapté se révèle particulièrement utile. En activant la sécrétion des hormones déclinantes, il favorise probablement un meilleur entretien des organes. Il contribue sûrement à plus de bien-être et de tonus. Loin d'être un prétexte aux conduites dopantes, les processus hormonaux liés à l'exercice physique bien conçu pourraient constituer un "dopage naturel" !


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