CANAL TARSIEN : UNE DOULEUR DE PIED OUBLIEE
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- 25 mai
- 3 min de lecture
Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport
Rédacteur en chef de www.docdusport.com
Vous avez mal sous la voute plantaire en marchant ou en courant. Les radios, scanner et IRM ne montrent rien ! Mais vous n'avez pas rien ! C'est probablement un canal tarsien ! Explications et solutions !

Au niveau de la cheville, le petit nerf donnant la sensibilité de la voute plantaire passe derrière le tibia. C'est le nerf tibial postérieur. Il fait poulie en arrière la bosse osseuse située à la face interne de la cheville, la malléole médiale. Il peut être irrité de deux manières. Premièrement, il arrive qu'il soit contu puis coincé au sein de tissus épais et fibreux. Le plus souvent, il s'agit d'une cicatrice à la suite d'une impaction après entorse de cheville : le ligament externe se déchire, les os de la face interne se cognent violemment.
LE NERF MENANT A LA VOUTE PLANTAIRE SOUFFRE EN ARRIERE DE LA CHEVILLE
Deuxièmement, la branche nerveuse est parfois victime d'un étirement chronique. Cette traction survient lorsque la voute plantaire s'écrase … on parle de pronation. Ce phénomène survient plus volontiers en cas de pieds plats. Compression, contusion, coincement ou tension, ce nerf tibial postérieur ne tarde pas se manifester en véhiculant des informations désagréables : fourmis ou paresthésies, brûlures puis douleurs !
Vous avez un canal tarsien …
Le plus souvent vous pratiquez le course à pied ou la randonnée. A cause de vos parents 😊, vous avez les pieds plats ! A cause de votre manque de tonicité et de technique, vous êtes pronateur … trop pronateur. Lors de la phase de déroulé plantaire, votre voute s'écrase, votre cheville bascule vers l'intérieur. Votre pied devient encore plus plat … Ce mécanisme étire votre nerf tarsien et provoque un frottement de sa gaine sur la poulie de la bosse osseuse du tibia.
COURSE, PIED PLAT, PRONATION
DECHARGE EN TAPOTANT LA ZONE IRRITEE
Plus vous courez ou plus vous marchez, plus ça brûle sous la voute plantaire. Le signe de Tinel se montre particulièrement caractéristique. Votre médecin du sport comprime ou tapote le siège de la compression ou de l'irritation derrière la poulie osseuse et déclenche une douleur locale et surtout une irradiation sous le pied. Votre thérapeute confirme qu'il ne s'agit pas d'une souffrance du tendon tibial postérieur qui coulisse sur le même trajet. Son testing est indolore et il ne manque de force. L'examen complémentaire incontournable est l'EMG ou électromyogramme. Il consiste à évaluer la conduction du nerf. Le plus souvent, ce test met en évidence la souffrance du nerf.
ELECTROMYOGRAMME CONFIRME LA SOUFFRANCE DU NERF
Dans de rares cas, malgré le diagnostic clinique évident, il reste négatif car les fibres nerveuses abîmées sont trop fines ou agressées de façon trop intermittentes. Une échographie permet parfois de constater le gonflement du nerf et l'apparition d'une douleur lorsque la sonde appui au bon endroit.
Traiter la cause et la conséquence !
Initialement, il faut traiter la cause. La première étape est passive, la seconde est active. En clair, on vous prescrit une semelle comportant un soutien de voute associée à une chaussure de running stable à axe droit. Classiquement, ces modèles sont dits "anti pronations".
SEMELLES A SOUTIEN DE VOUTE
CHAUSSURES ANTI PRONATION
FOULEE PLUS TONIQUE
Parallèlement, on vous invite à travailler un déroulé plantaire ou une foulée plus tonique et à réduire l'attaque par le talon qui sidère la stabilisation dynamique. Le plus souvent, cette stratégie est suffisante. Après quelques mois, il arrive même que l'amélioration des appuis permette de se passer des semelles puis d'opter pour des chaussures plus légères. Parfois, l'irritation du nerf du nerf s'est emballée, la conséquence s'est autonomisée. Dans ces circonstances l'inflammation se montre délétère et agressive pour le nerf. Il est impératif de l'apaiser. Les comprimés suffisent rarement, les crèmes locales encore moins. La mésothérapie qui injecte ces produits dans l'épaisseur de la peau en regard de la zone lésée peut-être tentée. Cependant, une infiltration experte sous échographie reste le geste le plus efficace. L'imageur dépose quelques gouttes au voisinage de la zone en souffrance. La volume injecté revêt aussi une action mécanique. Il dilacère le tissu rigide qui contribue au décoincement du nerf. Exeptionnellement, une opération se révèle nécessaire. Le chirurgien nettoie la fibrose locale et libère le nerf afin qu'il puisse coulisser plus librement. Dans tous les cas, les conseils de matériel et de foulée sont indispensables pour éviter la récidice.



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