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LES CONTUSIONS DE ROTULE

  • secretariatdocteur4
  • 26 juil. 2025
  • 6 min de lecture

Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport

Rédacteur en chef de www.docdusport.com

 

En faisant du sport, vous avez pris un choc à l’avant du genou. Vous avez des douleurs profondes et votre articulation est gonflée. Quelles sont les lésions ? Comment vous soigner ?

 

La rotule est un os circulaire placé à l’avant du genou. On l’appelle le « parechoc » du genou. Son rôle essentiel est différent. Elle se comporte comme un renfort du quadriceps qui doit assumer la compression sur le fémur lors de sa contraction en flexion de genou. En profondeur et au contact du fémur, l’os est recouvert d’un cartilage épais. Ce dernier, lisse comme de la nacre, a pour fonction de permettre un glissement harmonieux des pièces articulaires. Malheureusement, il est fragile et se répare très mal …  

 

Lésion, inflammation et détersion …

 

Lors de l’impact, la rotule percute le fémur. Tout se passe comme si vous mettiez un coup de marteau sur votre lavabo. Il est bien ébréché, souvent un morceau s’est décoché, sans compter les petits fragments dispersés. La première réaction de votre organisme consiste à nettoyer les dégâts. C’est l’inflammation ! Les cellules lésées libèrent des molécules favorisant la détersion. Les globules blancs arrivent pour digérer les copeaux de cartilage. Pour essayer de compenser ces dégâts tissulaires, la membrane articulaire produit en urgence du lubrifiant naturel.

 

HYPER INFLAMMATION 

HYPER NETTOYAGE DELETERE

… ANTI INFLAMMATOIRES

… PARFOIS INFILTRATION

 

Le genou gonfle sans faire de miracle, c’est l’épanchement de synovie. Voilà qui provoque bien des douleurs ! Sans compter que très vite, le processus inflammatoire s’emballe et devient délétère. Il finit par abimer les tissus sains ! Il faut l’arrêter ! L’application de froid constitue la stratégie la plus naturelle. A l’inverse de la chaleur qui fait rougir, la cryothérapie ferme les vaisseaux donc empêche le gonflement et l’arrivée de nouvelles cellules irritantes. De surcroît, l’information de température concurrence la douleur dans les aires cérébrales sensitives. Votre médecin peut vous prescrire des anti-inflammatoires. Pour une fois, ces molécules traitent la cause du problème actuel. Si la souffrance est trop intense, il peut aussi réaliser une ponction qui diminue efficacement les tractions pénibles sur la membrane articulaire. Il y associe souvent une infiltration dont l’effet anti-inflammatoire se révèle protecteur dans ce contexte de détersion agressive. Ce geste est classiquement associé à un arthroscanner. Dans le même temps, le radiologue injecte un produit de contraste qui détoure plus précisément les lésions du cartilage. Une fois cette prise en charge effectuée, il est nécessaire de soigner aux mieux les dégâts tissulaires.

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LESION CICATRISATION FONCTION COMPENSATION

 

La blessure de vote cartilage ne cicatrisera pas complètement ! La demi-vie des cellules de ce tissu, les chondrocytes, est de 400 ans. Cela signifie que le rythme de multiplication permettrait de retrouver la moitié des unités en 4 siècles ! Pas de drame ! Premièrement, les cellules parviennent à produire plus de ciment tout autour d’elle, c’est la substance fondamentale. De la fibrose moins spécifique contribue aussi à combler l’impact. Et les PRP boostent quand même la mise en action de nouvelles cellules ! Mais, c’est surtout le bon fonctionnement de l’articulation qui vous permettra de renouer avec le sport et de voir vos douleurs disparaitre. Des muscles et surtout un quadriceps forts, endurants et coordonnés assurent un parcours rotulien harmonieux malgré l’irrégularité de sa surface ! Une prévention bienveillante du déconditionnement, un peu de rééducation et surtout une reprise progressive du sport vous permettront n’oublier votre rotule


 

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Réparation, régénération, compensation

 

Votre médecin du sport vous interroge pour précise le traumatisme. Il vous examine afin de chercher à coté de cet impact d’autres blessures. Une IRM permet de confirmer et surtout de quantifier la lésion. Souvent, on constate de véritable fissure voire une fracture du cartilage. Parfois même, on retrouve un clapet qui s’ouvre et se ferme au grès du mouvement articulaire. Vous comprenez pourquoi, il ne s’agit pas d’une douleur de rotule habituelle ! Ce n’est pas le fameux « syndrome fémoro patellaire » ! Toute rééducation énergétique aggraverait les lésions ! Le renforcement musculaire est contre-indiqué ! Le repos s’impose suivi d’un peu de vélo en moulinant contre faible résistance pour lisser la cartilage abîmé, entretenir force et la mobilité.   Les variations de pressions rapides au cours du mouvement permettent l’absorption de l’oxygène et des nutriments nécessaires à la réparation tissulaire. Le crawl est conseillé, il permet d’engager le quadriceps sans écraser la rotule.

 

REHABILITATION DOUCE :

VELO EN MOULINANT, CRAWL

… PUIS ELLIPTIQUE ET TROTTINEMENT

 

Pour aider à ce processus, les compléments alimentaires sont les bienvenus. Le collagène, la chondroïtine, la glucosamine, l’acide hyaluronique sont des éléments constitutifs du cartilage. Ingérés par voie orale, ils agissent à dose modérée en mimant les déchets articulaires. Ils se fixent sur les cellules, les stimulent et les encouragent à produire en grande quantité ces molécules. On parle d’effet signal. Le silicium est également omniprésent dans la cartilage. A la manière du calcium pour les os, ils relient les fibres entre-elles mais de façon plus souple. Parfois, il est opportun de contrôler l’excès d’inflammation résiduelle et prolongée. En plus de grignoter les tissus sains, elle est désormais inutile à l’initiation de la cicatrisation. Les anti-inflammatoires traditionnels ont trop d’effet indésirables et sont trop puissants.

 

COMPLEMENTS ALIMENTAIRES

COLLAGENE SILICIUM

CHONDROITINE GLUCOSAMINE

 

 

Des plantes douces et efficaces peuvent être associées pour optimiser la réparation tissulaire et vous soulager. On peut envisager de la curcumine, de l’harpagophytum, de la boswellia ou du gingembre. Peu à peu, vous pouvez augmenter le durée et l’intensité du vélo. Revenez à l’étape précédente si le genou gonfle. Laissez-vous guider par la règle de la non douleur. Contrairement à certaines blessures fibreuses qui tiraillent quand on les mécanise, la réhabilitation des lésions de cartilage ne doit provoquer aucune souffrance. Programmer une transition douce vers l’elliptique toujours en privilégiant la fréquence du geste sur la résistance. Voilà qui vous rapproche du mouvement de la course. Après avoir validé l’intensité sur cet appareil le trottinement est autorisé. La durée du footing augmente et enfin arrivent les accélérations et le relief. En fonction de la gravité des lésions de votre cartilage de rotule, ce retour à la vie sportive prend d’une semaine à six mois !

 

De la médecine plus engagée pour vous soulager !

 

Si cette stratégie bienveillante fondée sur les compléments alimentaires et la réhabilitation douce se révèle insuffisamment efficace … ou trop lente, la médecine peut vous aider ! Après la ponction et l’infiltration destinées à gérer l’emballement inflammatoire, d’autres traitements peuvent être envisagées. Le plus souvent, votre médecin vous propose une injection d’acide hyaluronique ou viscosupplémentation. Ces produits ressemblent à la  synovie naturelle présente dans nos articulations, les maillons de ces grandes chaines sont identiques. Néanmoins, les molécules thérapeutiques sont bien plus volumineuses et souvent ramifiés. Elles assurent des processus d’amortissement, de roulement et glissement plus performants.  Injectées dans le genou, elles réduisent rapidement les contraintes mécaniques sur la zone lésée et favorisé sa récupération. Le fonctionnement articulaire plus harmonieux permet de diminuer les douleurs.

 

ACIDE HYALURONIQUE

INJECTION DE PLAQUETTES PRP

… OU LES DEUX !

 

Dans un second temps, les injections de plaquettes ou PRP (Plasma Riche en Plaquettes) peuvent être envisagées. Prélevées dans votre sang et réinjectées dans votre articulation, elles stimulent la difficile reconstruction du cartilage. De fait, son effet thérapeutique est différé de quelques semaines. Il existe aussi des kits spécifiques associant moitié acide hyaluronique et moitié PRP. La littérature scientifique accorde sa préférence à ce cocktail.  A l’issu de ces injections, les protocoles de réhabilitation  sont classiques et progressifs : vélo en moulinant puis plus intensément, elliptique, trottine, course, accélération puis travail d’appui et retour au sport. Là encore, le délais de reprise à 100% varie en fonction de la gravité de la lésion et des modalités de sa prise en charge.

 

Très rarement, une opération !

 

Malgré un traitement bien mené et un peu de patience, il arrive que vous ne soyez pas soulagé ! Le nid de poule cartilagineux est trop volumineux ou le clapet se coince, se déchire de plus en plus et fait mal !  Une intervention chirurgicale peut se révéler utile. Le plus souvent, elle consiste à faire l’ablation du volet et à régulariser les contours de la lésion. Stable et lisse, elle accroche moins. Il est possible de compléter avec des perforations de Pridie. Cette technique consiste forer l’os au fond de la blessure. Le saignement qui en résultent est à l’origine d’une croute et d’un envahissement cellulaire. Le trou est progressivement comblé par un tissu fibreux. Ce dernier est moins performant que le cartilage mais régularise efficacement la surface de glissement.

 

LISSAGE DE LA LESION

COMBLEMENT FIBREUX PAR PERFORATION

MOSAIQUE DE CARTILAGE

 

La technique dite de « mosaïque plastie » est parfois utilisée si la lésion se situe sur l’autre versant articulaire, au niveau du fémur. A cet endroit, l’os est suffisamment épais pour accueillir des petites allumettes formées de cartilage en superficie et d’os en profondeur. Elles sont prélevées à l’arrière ou sur le coté du genou dans un secteur dépourvue de contrainte. Ces petits cylindres bouchent la cavité lésionnelle et l’ensemble finit par ressembler à une petite mosaïque. La nature s’occupe des joints. La préparation des logettes provoque un saignement qui entoure les cylindres et se transforme en tissu fibreux. La reprise du sport au niveau antérieur est parfois possible après 12 à 24 mois.

 

 

 

 

 

 
 
 

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