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LE SPORT DANS LA NATURE : UN ATOUT SANTÉ BIEN-ÊTRE

Dernière mise à jour : 9 févr. 2023


Par le Docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport et rédacteur en chef de www.docdusport.com


Christophe a 38 ans. Voilà un moment qu’il n’est pas venu mais je l’ai vu grandir …. Son père me l’amenait quand il était adolescent pour ses visites médicales d’aptitude. Tous les deux pratiquaient le tennis et le golf. A la croisée des chemins entre énergie physiologique de la jeunesse et expérience technique de la maturité, ils s’affrontaient régulièrement et la victoire oscillait d’une génération à l’autre … Ils aimaient m’expliquer qu’ils avaient l’impression de ces deux activités se montraient synergiques.


GOLF, TENNIS, SQUASH : DES SPORTS A TRANSFERT D’EXPERTISE


Comme si s’entraîner dans l’une faisaient progresser aussi dans l’autre. J’acquiesçait bien volontiers en analysant qu’il s’agissait de deux sports de lancer et de trajectoire. On pouvait même y mentionner une particularité commune, celle d’un objet saisi par une main experte et destiné à donner de la vitesse et de l’effet à la balle. Bref, en jargon de médecine du sport, on parle « d’effet de transfert » d’une discipline à l’autre. Mais le temps a passé et Christophe revient me voir pour sa licence de squash …


Le Doc : … Du squash ? Tu as arrêté le tennis et le golf ?


Christophe : Oui, c’était compliqué et chronophage ! Je travaille dans la finance et je suis papa de deux enfants de 6 et 8 ans. J’enchaîne des journées à rallonge et je dois optimiser son temps. Je joue au squash, à la Défense, au pied de la tour où je passe ses journées. Je trouve un adversaire aisément parmi mes collègues de boulot … En une heure à peine, je coche la case « sport » deux à trois par semaine. Et ça me plait ! Le golf et le tennis m’ont bien aidé à trouver mes repères techniques. Je fais parfois des compets le week-end … mais c’est moins long qu’un 18 trous !


Le Doc : Pas mal ! Je te félicite, tu es parvenu à concilier activité professionnelle intense, vie familiale chaleureuse et pratique sportive régulière. Cependant, tu t’entraines dans un blockhaus, au sol sous-sol d’un building ! Tout cela à portée d’ascenseur de ton bureau et avec un collaborateur tradeur qui veut gagner !


SPORT : 3 FOIS PAR SEMAINE, LA DOSE SANTÉ


Pour relâcher la pression inhérente à ton job … je crois que tu peux mieux faire ! En remplacement d’une séance de squash, je t’aurai bien vu, une fois par semaine, déambuler dans la verdure féérique d’un parcours de golf ! Tu sais que la nature a démontré son effet apaisant et bénéfique pour la santé ! Les anglo-saxons parlent de greenness


Christophe : Oui, j’ai entendu parler de ça ! Mais les Japonais qui embrassent les arbres pour éviter le burn-out, ça ne me paraît ni sérieux, ni crédible !


Le Doc : Tu as en partie raison ! Le discours médiatique a quelque peu extrapolé les concepts et les niveaux de preuve sont bien différents selon les articles. Tu sais qu’historiquement tout est parti d’un article scientifique rigoureux publié en 1984. Il mentionnait une durée d’hospitalisation plus faible pour les patients dont la chambre donnait sur un arbre comparativement à ceux qui voyait un mur depuis leur fenêtre.


Christophe : Je veux bien le croire ! C’est vrai que les vieux hôpitaux et les monastères étaient systématiquement construit autour d’un jardin …


Le Doc : En revanche, bon nombre de conclusions concernant l’impact de la nature sur la santé sont moins convaincantes car elles proviennent de recherches dites « observationnelles ». Ce type de démarches pourraient constater que les sportifs habitants les beaux quartiers de Paris courent souvent au champs de Mars … et elles pourraient affirmer que faire son footing dans la verdure accroît le niveau de vie ! Vous imaginez les biais !


ÉTUDES D’INTERVENTION PLUS QU’ÉTUDES D’OBSERVATION


Christophe : Alors, quels sont les protocoles les plus crédibles ?


Le Doc : Pour plus de fiabilité, il est impératif de réaliser des études dites « d’intervention ». Il faut constituer deux groupes homogènes de préférence par tirage au sort et ne modifier qu’un seul paramètre. Dans ce cas : le contact avec la nature. Ainsi, si vous proposez à la moitié des individus de marcher en forêt deux heures par semaine, l’autre moitié devra se balader aussi mais en milieu urbain … sous peine de confondre les bénéfices de la verdure et les bienfaits de l’activité physique !


Christophe : Dans ces conditions, quelles sont les avantages d’être en contact avec la nature ?


Le Doc : Les recherches à haut niveau de preuve montrent que le contact avec la nature permet une réduction de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle. Elles mettent aussi en évidence une diminution de l’activité du système nerveux et des hormones dévolues au stress ainsi qu’une augmentation concomitante des réseaux neuronaux opposés consacrés à l’apaisement !


INHIBITION DES NEURONES DU STRESS

ACTIVATION DES NEURONES DU CALME


De façon biologiquement cohérente, on constate également une limitation de l’anxiété. Tout cela pourrait sembler bien utile à un cadre de la finance confrontés aux multi-tâches et aux multi-courbes sur de multi-écrans …


Christophe : Il y aurait d’autres avantages moins bien validés ?


Le Doc : Oui, des études moins solides suggèrent pèle mêle une réduction de la dépression et des émotions négatives, un accroissement de la bonne humeur et de la vitalité, une amélioration des fonctions cognitives et de la concentration … sans oublier le lien social et la sensibilité à l’écologie et au changement climatique !


LES ESSENCES DE PLANTES LUTTENT CONTRE LES INFECTIONS


On parle aussi de la stimulation de l’immunité et de la réduction des infections probablement du fait des phytocides, ces substances sécrétées par les plantes pour se protéger des micro-organismes et des herbivores. Ce phénomène est à rapprocher de l’intérêt des huiles essentielles pour lutter contre les bactéries et les virus.


Christophe : Et un parcours de Golf par semaine suffirait ?


Le Doc : C’est une excellente question ! Quelle quantité de « nature » ? Quelle durée, quelle fréquence, quelle régularité pour la santé et le bien-être ? Les chercheurs ont des réponses concrètes ! Ces dernières sont cohérentes avec ma proposition !


NATURE : 2 A 4 HEURES PAR SEMAINE, LA DOSE SANTÉ


Deux heures hebdomadaires suffisent … et les bienfaits plafonnent à partir de quatre heures ! Bref, c’est idéal pour un 18 trous ! Mais tu pourrais aussi bien faire un footing cool dans les bois ou une belle balade en vélo à la campagne. Ces activités contemplatives en aisance respiratoire auraient pour avantages de compenser tes sollicitations énergétiques intenses et fractionnées du squash. Ton système cardiovasculaire s’apaiserait. En récupération, ta tension et ton rythme cardiaque diminueraient. Un effet synergique avec le bain de nature ! Je propose ce type de stratégie champêtre et régénératrice à mes bodybuildeurs, CrossFiteurs et autres sportifs en salle de la capitale.


JOGGEURS URBAINS ET SPORTIFS EN SALLE : FAITES UN ENTRAïNEMENT NATURE PAR SEMAINE !


Idem pour les joggeurs urbains à qui je suggère de profiter du week-end pour rejoindre les forêts et les parcs environnants. Ils s’octroient ainsi une petite séance technique sur terrain accidenté chaque semaine. Et ainsi, ils peuvent choisir parmi des objectifs plus variés, de course sur route ou de trail. En plus de la santé et du bien-être, la nature nous offre plus de diversité et de plaisir dans nos entraînements.

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